13.12.2008

Ozu Playlist IV

Avant dernière playlist Ozu. Avec un des meilleurs commentaires qui soit. Une merveille, concernant un Kinoshita, que des esprits chagrins pourraient appliquer à la plupart de ses films... :-) : ce film ambitieux mal dégrossi est sans grand intérêt. Il y a quelque chose de détonnant dans sa médiocrité. On croirait mâcher du radis macéré dans le vinaigre.

Il y a aussi le fameux commentaire sur Nuages flottants...

Playlist IV

Nishijin no shimai, Kozaburô Yoshimura, 1952
Futatsu no hana, Hideo Ooba
Gendaijin, Minoru Shibuya, 1952
September affair, William Dieterle, 1950
Asa no hamon, Heinosuke Gosho, 1952
Onna no innochi, Tadao Ikeda, 1952
La ronde, Max Ophüls, 1950
A streetcar named desire, Elia Kazan, 1951
An american in Paris, Vincente Minelli, 1951
Carumen jurisu, Keisuke Kinoshita, 1952
Inazuma, Mikio Naruse, 1952
Fifres et tambours du printemps, Noboru Nakamura, 1953. Un drôle de film où Mieko Takamine est mal employée.
The Third man, Carol Reed, 1949. Un film excellent.
Fort Apache, John Ford, 1948. Film que j’ai trouvé moyen
Senbazuru, Kôzaburô Yoshimura, 1953. Film un peu lourd.
Haru no sasayaki, Shirô Toyoda, 1952
Limelight, Charlie Chaplin, 1952
Josei no koé, Manao Horino-uchi, 1953
The Quiet man, John Ford, 1952
Detective story, William Wyler, 1952
Rakuyô nikki, Shunkai Mizuho, 1952
Ganpeki, Noboru Nakamura, 1953
La tragédie du Japon, Keisuke Kinoshita. Ce film ambitieux mal dégrossi est sans grand intérêt. Il y a quelque chose de détonnant dans sa médiocrité. On croirait mâcher du radis macéré dans le vinaigre.
The bad and the beautiful, Vincente Minelli, 1952. L’oeuvre originale est bien meilleure.
Little forces, William Wyler, 1941
Carrie, William Wyler, 1950
Act of love, Anatole Litvak, 1954
Onna no sono, Keisuke Kinoshita, 1954
The moon is blue, Otto Preminger, 1953
Roman holiday, William Wyler, 1953
Kabé atsuki heya, Masaki Kobayashi, 1953
Nijûshi no hitomi, Keisuke Kinoshita, 1954
Le salaire de la peur, Henri Georges Clouzot, 1953
Les orgueilleux, Yves Allégret, 1953
Don Camillo, Julien Duvivier, 1951
Wakaki hitotachi, Kozaburô Yoshimura, 1954
Ai no shi no tanima, Heinosuke Gosho, 1954
Ukigumo, Mikio Naruse, 1955. J’ai été très impressionné par Nuages flottants. Nuages flottants est vraiment un grand film ! p. 411. Nuages flottants est un film admirable. P. 445
Meiji ichidai onna, Daisuke Itô, 1955
Thérèse Raquin, Marcel Carné, 1953. Très bon film.
Méoto zenzai, Shirô Toyoda, 1955
The desperate hours, William Wyler,
Totsugu hi, Kôzaburô Yoshimura. Un film moyen
Shû-u, Mikio Naruse. Ca ne m’a pas emballé.
The bribe, Robert Z Leonard, 1949
Blackboard jungle, Richard Brooks, 1955
Nigorié, Tadashi Imai, 1953
Akasen chitai, Kenji Mizoguchi, 196
Vendredi 24 août 1956. Appel de Shimizu. Mizoguchi est mort à 1H55

Marty, Delbert Mann, 1955
Richard III, Laurence Olivier, 1955
Trial, Mark Robson, 1955

11.12.2008

Anniversaire de Yasujiro Ozu

Pour l'anniversaire de Yasujiro Ozu, une petite surprise pour mes milliers de lecteurs ! On est déjà le 12 décembre, à l'heure japonaise. J'espère que cette affiche vous plaît.

Shukujotohige1931Ozu.jpg

Elle est l'oeuvre d'un graphiste très intéressant : Takashi Kono (1906-1999). Il a officié à la Shochiku et s'est occupé de la publicité, des affiches et des décors. De 1929 au début des années 30, il a produit des affiches qui dénotent une influence des illustrateurs allemands, avec leur composition fine et leur utilisation inventive de la couleur. Des artistes comme Tadanori Yokoo ou encore Ikko Tanaka reconnaissent son apport dans leur propre développement. Ici, l'affiche de Shukujo to Hige (1931) de Yasujiro Ozu avec Tokihiko Okada, acteur vedette et père de sa fille : Mariko !

Pas trouvé grand chose si ce n'est que Takashi Kono a été le décorateur sur Gosses de Tokyo. Et comme dirait mon bien-aimé directeur. Ce qui n'est pas rien.

OkadaTokihiko.jpg
Tokihiko Okada

Ozu Playlist Part III

Playlist III

Mori no ishimatsu, Sadao Yamanaka, 1937
Aa soré nanono, Yasuki Chiba, 1937
La belle équipe, Julien Duvivier, 1936
Tarzan escapes, Richard Thorpe, 1936
Hadaka no machi, Tomu Uchida, 1937
Shu to midori, Yasujiro Shimazu, 1937
Lost horizon, Frank Capra, 1937
Jinsei gekijo, Tomu Uchida, 1936
Gion no shimai, Kenji Mizoguchi, 1936
Morocoo, Joseph von Sternberg, 1930
The lives of a bengal lancer, Henry Hathaway
Ai-onkyô, Kenji Mizoguchi, 1937
Temptation harbour, 1937-1949, Lance Comfort
Ojosan kampai, Keisuke Kinoshita, 1949
How green was my valley, John Ford, 1941
California, John Farrow, 1949
Kumo no naka no sampô, Alessandro Blasetti, 1942
Nana-iro no hana, Masahisa Haruhara, 1950
Zenma, Keisuke Kinoshita, 1951. Un bon film.
Mata an hi madé, Tadashi Imai, 1950.
Black narcissus, Powell Pressburger, 1946
Jiyûgakkô, Minoru Shibuya, 1951
Cheaper by the dozen, Walter Lang, 1950
The heiress, William Wyler, 1949
Bambi, Walt Disney, 1942
Kampaï ! Wakadana, Tadao Ikeda, 1951
Set up, Robert Wise, 1949
Rebecca, Alfred Hitchcock, 1940
Johsan story, Alfred E. Green, 1947
Jiyûgakko, Kimisaburo Yoshimura, 1951
Shônenki, Keisuke Kinoshita, 1951
Sunset bld, Billy Wilder, 1950
All about Eve, Joseph Mankiewicz. Ca ne m’a pas enthousiasmé.
Umi no hanabi, Keisuke Kinoshita. Sans grand intérêt.
[5 novembre 1951. Keisuke Kinoshita part en France]
She wore a yellow ribbon, John Ford, 1949
Rio Grande, John Ford, 1950
Inochi uruwashi, Hideo Ooba, 1951
Meshi, Mikio Naruse, 1951
Wakaregumo, Heinosuke Gosho, 1951
[22 décembre 1951, retour de Hideko Takamine de France]
Duel in the sun, King Vidor, 1948
Kaze futatabi, Shirô Toyoda, 1952. Film bien moyen.
Sous le ciel de Paris, Julien Duvivier, 1951
Houjitsu kyûshin, Minoru Shibuya, 1952
Nami, Noboru Nakamura, 1952. Œuvre forte, qui m’a plu.
Les enfants du paradis, Marcel Carné, 1944
Sono yo no tsuma, Hiroto Ikeda, 1952. Film qui me plonge dans l’embarras.

08.12.2008

Playlist Ozu part II

Maintenant que le Michael me fait de la pub, je suis bien obligé de bosser... :-)

Ozu Playlist Part II, donc.

It happened one night, Frank Capra, 1934. Une comédie des plus réussies !
Aizotogé, Kenji Mizoguchi, 1934
Uta matsui sandogawa, Daisuke Ito, 1934. Film pas très réussi.
Yotamono no yamayomé, Hiromasa Nomura, 1934
Little women, Georges Cukor, 1933
Yakushin nihon ho sekai, Hideo Mohara, 1933
Aru yo no onna, Yasujirô Shimazu, 1934
Harué no kekkon, Hiromasa Nomura, 1934
Tonomasa no ommitsu, Kintarô Inoué, 1934
Le dernier militaire, René Clair, 1935
Our daily bread, King Vidor, 1934
Kunisada Chûji, Sadao Yamanaka, 1935
Man of Aran, Robert Flaherty, 1934
The house of Rotschild, Alfred Werker, 1934
Imitation of life, John M. Stahl, 1933. Ce n’est plus hélas le grand Stahl d’autrefois.
Chikémuri Kôjinyama, Kôsaku Akiyama, 1935
The man I killed, Ernst Lubitsch, 1932
David Golder, Julien Duvivier, 1931
Manhattan melodrama, W.S. Van Dyke, 1934
Uma kaéru, Torajirô Saitô, 1935
Mono iwanu ané, Keisuke Sasaki, 1935
Le grand jeu, Jacques Feyder, 1933
Sorell and son, Herbert Brenon, 1926
The mariage circle, Ernst Lubitsch, 1924
Karé to kanojo to shônentachi, Hiroshi Shimizu, 1935
Sôshinzo, Hiroshi Shimizu, 1935
Nureta hojo, Kosaku Akiyama, 1935
The wedding night, King Vidor, 1935
The whole town’s talking, John Ford, 1935
Mashiroki Fuji no né, Yasushi Sasaki, 1935
Hide-out, W.S. van Dyke, 1934
Fuké yo rempu, Heinosuke Gosho, 1935. Une fadaise dont il n’y a rien à dire, je préfère encore les W.S. van Dyke et Cie !
Ramuru etaruneru, Yoshinobu Ikeda, 1935
Machi no irezumimono, Sadao Yamanaka, 1935
Meiji Ichidai Onna, Tomotaka Tasaka, 1935
Hirenge, Yasushi Sasaki, 1936
Daibosatsu Toge, Hiroshi Inagaki, 1935
Kanojo wa rya to i-imashita, Hôjiro Shimazu, 1935
Jinsei no onimotsu, Heinosuke Gosho, 1935
Sôbô, Hisatora Kumagai, 1937
La kermesse héroïque, Jacques Feyder. Pas extraordinaire.
The plainsman, Cecil B. de Mille, 1937
Karayukisan, Sotoji Kimura, 1937

 

07.12.2008

Playlist Ozu Part I

Dans les trucs complètement inutiles à faire et donc rigoureusement indispensables, à partir des Carnets d’Ozu, je me suis amusé à noter les films qu’il a vus et qu’il mentionne. Il y a très peu de commentaires, contrairement par exemple aux plats qu’il a goûtés. En ce qui concerne ces commentaires sur les films, je les ai mis à la suite lorsqu’il y en a. En italique. La retranscription que j’ai faite n’est peut-être pas tout le temps exacte. Aujourd’hui, c’est la première partie. Il y en aura 4 ou 5 par la suite. Avec sans doute parution épisodique et chronologique. A part ça, c’est bientôt son anniversaire. Le 12 décembre. Un petit verre de saké en son honneur. Ou du sanma. Sinon, Ochazuke ?

Yasujiro_Ozu.jpg

La classe américaine, quoi !



Playlist Ozu part I.


Lady of the mob, William Wellman, 1928
So big, William Wellman, 1931
Mädchen in uniform, Leontine Sagan, 1931
Front page, Lewis Milestone, 1931
Back street, J.M Stahl, 1932
The Sign of the cross, Cecil B. De Mille, 1932
Scarface, Howard Hawks, 1931
No man of her own, Wesley Ruggles, 1932
American madness, Frank Capra, 1932
Quatorze juillet, René Clair, 1932
Nakimurita haru no onna yo, Hiroshi Shimizu, 1933
Minato no nihon musume, Hiroshi Shimizu, 1933
I am a fugitive from a chain gang, Mervyn Le Roy, 1933
Bangoku no isshô, Sadao Yamanaka, 1933
A farewell to arms, Frank Borzage, 1932
The seventh heaven, Frank Borzage, 1927
Shikkai seyô dakiokoshi, Torajiro Saitô, 1933
Tange Sazen, Daisuke Itô, 1933
Jogakusei to yotaimo, Hiromasa Nomura, 1933
Today we live, Howard Hawks, 1933. Pas très intéressant.
Oshidoro no haidôa, Kôsaku Akiyama, 1933
Lamuru, Heinosuke Gosho, 1933
Daigaku no wakadona, Hiroshi Shimizu, 1933
Rappa to musume, Yasujiro Shimazu, 1933. Idiotie.
Onna to umareta nya, Heinosuke Gosho, 1933
Deluge, Felix E Fast Jr., 1933
Bomben auf Monte Carlo, Hans Schwart, 1931-1933
Nezumi Kozo, Sadao Yamanaka, 1933
Fûryû hatsujinken, Sadao Yamanaka, 1934
Frisco Jenny, William Wellman, 1933
Design for living, Ernst Lubitsch, 1933
The stranger’s return, King Vidor, 1933
Don Quichotte, Pabst, 1933
Muteki, Minoru Murata, 1934
Osen, Tamizo Ishida, 1934
Meoto Daigaku, Kintaro Inoue, 1934
Tonari no yaechan, Yasujirô Shimazu, 1934
Wild cargo, 1934
Ippon gatana dohyôiri, Teinosuke Kinugasa, 1934
Shinkon Ryôko, Hiromasa Nomura, 1934
Daigaku wakadana taiheiraku, Hiroshi Shimizu, 1934

Yamanaka Ozu

Projection d'un film de Yamanaka demain au Jeu de Paume dans le cadre de la carte blanche Aoyama. Kochiyama soshun (1936). Rareté.

Je pense à Ozu, à la guerre, guerre qui a tué Yamanaka, son ami. A qui il rendait hommage chaque année. La guerre, douloureusement, ce sont parmi les plus belles pages de ses carnets. Je ne résiste pas à citer, une nouvelle fois, l'une de ces petites merveilles.

"Si je meurs, me disais-je encore, avant de m'incinérer on ne prendra pas la peine de nettoyer mon corps crasseux, couvert de sueur et de poussière. Alors une fois que ma petite boite blanche sera à Tokyo, je souhaite qu'on la place directement sous le robinet et qu'on laisse longuement couler l'eau".
Ozu, Carnets p. 212, 213.

Les Carnets d'Ozu édités chez Alive, sans doute épuisés, sont consultables à la Bibliothèque de la Cinémathèque Française.

13.08.2007

Carnets d'Ozu (suite)

En 1937, Ozu est mobilisé. En 1939, il est en Chine centrale sur le front. ll reste un carnet de cette période, dont voici un bref extrait.

"Est-ce l'habitude ou la fatigue qui m'accablait, je n'avais pas peur des bombes; ce que je voulais, c'était boire, manger, m'allonger, dormir. Le reste m'était complètement indifférent. Le mortier avait beau éclater à côté de moi, les balles siffler au dessus de ma tête, ça m'était absolument égal. Je baillais. Si une balle avait traversé ma tête à ce moment là, eh bien, je n'aurais plus été là; un point, c'est tout. Il y avait bien certaines choses que j'aurais aimé accomplir avant de mourir, mais c'était comme si j'étais persuadé que les bombes m'épargneraient et je serais bien en mal de répondre pourquoi ! (...) Depuis que je suis au monde, c'était la première fois qu'une telle épreuve m'attendait. Je suis allé au bout de mes limites" Ozu, Carnets, p. 213. Ed. Alive. 

無 

15.07.2007

Les carnets d'Ozu

"Avec la fatigue accumulée tous ces derniers jours, je mesure tout ce qu'a d'écrasant la tâche du réalisateur. (Ah, si j'avais de l'argent, j'arrêterai sans hésiter! Je vous jure!)" Ozu, Carnets, p.118 

Positif, m'a signalé l'ami J.D. a publié un numéro très original, des plus originaux, très, très prise de risque, attention, attention... sur : Naruse, Ozu et Mizoguchi ! Je crois que l'autre réalisateur célébré ce mois-ci en couverture, c'est John Ford. Super. Et puis ç'aurait pu être encore pire, égaux à eux-mêmes, ils auraient pu faire un spécial...Kurosawa, le Japonais maison. On n'apprend évidemment pas grand chose à la lecture de ce dossier anodin. Bien sûr, je ne devrais pas, mais j'irai quand même l'acheter au moins pour les photos qui sont belles (ils se sont améliorés notamment sur la couverture)

 

 
Et comme le rire étouffe souvent le rieur...

Tout cela me rappelle ce que je lis en ce moment : à savoir Les Carnets de Ozu qui sont, il faut bien le dire, de vraies petites merveilles. Comment Alive (distributeur de films japonais regretté) a-t-il pu éditer ce bouquin ? Question ! Grande entreprise vouée comme toute celle de ce type, à la longue, à force de faire du bon boulot, à un pas beau du tout dépôt de bilan...

Tout simplement, dans ses carnets, Ozu (小津 安二郎) racontait à travers de courtes notations ce qu'il faisait dans la journée, depuis les années 30, 33 plus précisément, jusqu'à sa mort, 1963. En dehors de la vie, somme toute assez monotone de réalisateur, c'est aussi l'ambiance du Japon et l'environnement des studios de la Shochiku de l'époque qu'on retrouve, un vrai délice pour les amateurs de cinéma. Monotone n'est pas ennuyeux. Et c'est terriblement amusant de voir quels étaient les films qu'il aimait, les plats qu'il chérissait, quels furent ses amis, et quel type d'existence mena cet homme sympathique, qui coup de vieux aidant nous devient de plus en plus attachant.

Yasujirô Ozu, Carnets 1933-1963, éditions Alive, 1996.