19.06.2008

Comfort women

Les films sur les prostituées me rendent triste. Certains sont sublimes.


J'adore Les Femmes de la nuit - Yoru no onnatachi (1948) de Mizoguchi, merveille de cruauté, de violence, de beauté, pauvres âmes errantes dans Osaka dévasté après-guerre. On connait l'histoire de Kenji, celle de sa soeur. J'adore La Berceuse de la Grande terre - Daichi no komoriuta (1976) de Masumura qui m'est apparu comme une sorte d'hommage en fin de course, retour à ses débuts, il l'assistait, à Mizoguchi -il y a d'ailleurs Kinuyo Tanaka dans un petit rôle- itinéraire d'une paysanne arrachée à sa terre et dévoyée dans un bordel sur une île et qui se révolte, avec des côtés Imamuriens pour le terroir, le Japon cru. J'aime moins Zegen (1987) de Imamura, bien paillard, bien vulgos, sur un tenancier patriote de maisons closes. J'adore par contre ses documentaires réalisés pour la T.V. comme Karayuki-san (1975), Japonaises traînées de force pour servir de putes en Chine pour l'armée impériale.

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Je repensais à tout ça lorsque j'ai vu récemment le documentaire de Noriko Sekiguchi, Senso no onnatachi (1989), tombé lui aussi presque par hasard entre mes mains, portant sur les "Comfort Women" (euphémisme gerbant), prostituées de gré ou de force, venant de toute l'Asie et finissant dans un bordel, ici, en Papouasie Nouvelle Guinée, servant d'esclaves sexuelles aux militaires. Noriko Sekiguchi donne la parole aux témoins, notamment aux femmes du pays qui ont, elles aussi, ramassées, et essaie de retracer leur histoire, histoire rayée de la mémoire officielle.
 
Une image, une photo me hante. La photo d'une femme au fond d'une cale de navire. Là, reléguées comme des marchandises, là où, si le bateau coule, - ne pas en réchapper. La réalisatrice n'a apparemment pas fait beaucoup de films par la suite.