04.12.2008

Eli, Eli, Lema Sabachthani ?

Les images malades, il y a encore la musique. Le cinéma.
De belles images malades ici en tout cas. Tamura Masaki : Ogawa Shinsuke, etc. Et puis Aoyama.

Attendre la fin comme Asano, une pièce bleue, Nancy Sinatra, The End. Chacun, libre de choisir. Quelque chose d'évident. Un Nat King Cole. Plutôt Billie Holiday, car, peut-être au delà de toutes les angoisses possibles. On passe. Des pendus sur les lignes électriques. La beauté du monde inscrite dans l'horreur, beauté amante du désespoir.

Face à la mort : créer. On ne sait pas trop pourquoi. Mais le faire, malgré tout. Après exactement tout.
Cette phrase de Beckett : "l'expression du fait qu'il n'y a rien à exprimer, rien avec quoi exprimer, rien à partir de quoi exprimer, aucun pouvoir d'exprimer, aucun désir d'exprimer, et, tout à la fois, l'obligation d'exprimer."
Lorsque son ami meurt. Enregistrer sa crémation.
Sourire au soleil, sourire face à l'univers. Le poète saoûl n'a plus plus rien ni personne à engueuler.

Havre de paix. La musique. Le salon de musique. Piano Theme 1. Elle soigne. Elle doit soigner Godard. La musique de Godard me soigne aussi. Je ne comprends plus certains de ses films. Tant pis. Comme ici, on s'en fout, quelle histoire. Il nous reste Alexander Knaifel dans l'oreille, par exemple. Mariko Okada soigne elle aussi. Je les veux bien toutes, ou alors s'il fallait choisir, Kyo Machiko, en grand mère maternante. Elle l'est déjà, quelque part dans mes limbes cinéphiles. Mais la voir au moins une fois, mon dieu. Avant qu'elle ne parte. Pourquoi, je n'en sais rien.

Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m'as-tu abandonné ?
Le salut est loin de moi,
loin des mots que je rugis.

Mon Dieu, j'appelle tout le jour,
et tu ne réponds pas ;
même la nuit,
je n'ai pas de repos.