28.06.2007

Deux Suzuki à la Maison du Japon

"Le renard change de poils, mais non de moeurs" Suétone

Suis enfin allé voir hier deux Suzuki. L'un sans grand intérêt, L’Appel du sang de 1964 (Oretachi no chi ga yurusanai/俺たちの血が許さない) un film banal de Yakuza torché. Malgré tous leurs défauts, ses films ont toujours l'avantage de nous permettre de faire un voyage pas trop cher dans le temps, les sixties (caisses, musique, pépées) et plus précisément au Japon.

Trois stars, icônes de la Nikkatsu : Akira Kobayashi(小林旭) ; Hideki Takahashi (高橋英樹) et Chieko Matsubara (松原智恵子)

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Deux frères, fils d’un yakuza mort violemment - comme d’habitude pour un yakuza- qui n’a pas voulu qu’ils deviennent comme eux. Et pourtant… Maman a de quoi se faire du souci. Beaucoup de souci !

Quelques relents de mise en scène et quelques moments amusants aussi cependant. L’une dans une voiture sous la pluie. Où nos deux compères discutent pendant de longues minutes avec en arrière fond une sorte de tempête qui fait plus penser à une pleine mer ! La voiture s’arrête. Et puis voilà, on arrive dans une zone terrestre. On était bien en voiture. Et pas sur un zodiac.

L’autre scène magique se déroule lorsque que le yakuza –un vieux de la vieille- qui a tué leur père et devenu leur ami (!), meurt, flingué par une demi-douzaine de voyous. Il reste debout criblé de balles. Interloqués les sauvageons s’approchent. Le touchent un peu. Il tombe tout raide.

Plus intéressant fut le second film, La mauvaise étoile d'Akutarô de 1965 (Akutarô den warui hoshi no shita demo /悪太郎伝 悪い星の下でも)

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Toujours content de découvrir un acteur que je ne connaissais pas. En l’occurrence, Ken Yamauchi (山内賢) plutôt bon dans ce bon seishun eiga aux allures plus calmes et moins punks que l’Elégie de la bagarre de 1966 du même Seijun. Soit un jeune homme de la campagne qui apprend la vie mais qui l’apprend surtout aux vieilles générations qui essaient de lui casser les pieds. On suit ses déboires amoureux, ses premières expériences sexuelles, ses disputes avec ses camarades et avec les yakuzas. Suzuki traite des problèmes de la jeunesse, fin des illusions et égratigne au passage la société japonaise des campagnes (la famille, les bonzes, les femmes, les étudiants… la morale). Avec nonchalance et humour.

Masako Izumi  (和泉雅子) sur la deuxième affiche en bas à droite.