23.06.2007

La Femme de feu (1971) de Kim Ki-young

Remake de La Servante (1960), La Femme de feu (1971) de Kim Ki-young est une œuvre cruelle et exigeante, un mélodrame pyromane.

Une fois qu’un homme a poignardé leur cœur, les femmes deviennent des démons vengeurs. Kim Ki-young

Une jeune femme violée dans un pré tue son agresseur à coup de pierre. Avec une amie, elle quitte la campagne et espère trouver du travail à Séoul. Elle devient servante dans une famille petite-bourgeoise tandis que sa copine se prostitue dans les bars.

 

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Un peu gauche, cette servante s’améliore jour après jour, et s’intègre bien à sa famille d’accueil jusqu’au jour où sa maîtresse s’absente. Elle conseille à la jeune domestique de surveiller son mari, compositeur, qui pourrait être séduit par une des charmantes élèves à qui il donne des cours. Un soir, ivre, il succombe aux charmes de l’une d’entre elles, et saute sur la servante, qui avait tentée de les séparer. A la décharge du mari, elle l’avait provoqué, subtilement, presque innocemment, affirmant qu’il deviendrait fou entre deux femmes sous le même toit, entendez entre sa femme, et elle.

Pas si naïve, donc, même si elle est une nouvelle fois prise au piège. La souillure se répète. D’un mélodrame anodin, Kim Ki-young revient à des thèmes qui le hantent, et qu’il transpose en trois films sur trois décennies différentes. Remake de La Servante (1960), La Femme de feu (1971) devance la future version de 1982,Kim Ki-young semble vouloir représenter à l’infini ce drame intemporel dans une société qui, elle, évolue.  

Car peu importe l’époque, les pulsions humaines, sont semblables. Et c’est bien cela qui fascine le réalisateur. Passées les explications simples et rapides, il s’attache à montrer le déchaînement des passions jusqu’à la mort, pinacle de la vie, après la souffrance. Fracassante entrée en matière, le ton est donné dès les premières minutes avec cette parabole violente du passage de l’adolescence innocente, à la culpabilité adulte, souillée par le sang et le meurtre.

Chez Kim Ki-young, le cheminement humain, semble davantage correspondre à la vie animale, qu’à celui d’un être de raison. Dominés par leurs instincts primaires, les hommes et les femmes sont marqués au plus profond de leur chair, du sceau de la souffrance, gravée, martelée comme le fer forgé. De là découle une culpabilité rougie, sanguinaire, impossible à conjurer.

Sans y voir nécessairement un aspect politique, préoccupation que dépasse sans aucun doute le réalisateur, le drame laisse entrevoir en toile de fond, l’histoire entachée de la Corée, écartelée entre dictatures et volonté de puissances extérieures. C’est aussi en ce début des années 70 de sa rapide modernisation dont il est question. Le pays, à trop vouloir sortir brutalement de sa ruralité, tend à oublier un peu trop vite ses racines. La mise en garde est cinglante à la vue du destin de ces deux campagnardes, l’une pute, l’autre meurtrière.

La mafia locale fait office d’agence nationale pour l’emploi. Elle accueille les travailleuses dans un immeuble délabré. Beau symbole du pays, qui aurait préféré une autre publicité, peut-être l’image de la gentille petite maison familiale où la jeune femme va œuvrer…

La noirceur du propos est telle qu’il est difficile de voir autre chose qu’un zoo humain, crasse animale et saloperie humaine, elle, dominée par l’argent, le pouvoir, et l’absence d’amour. Pas un seul instant, on ne doute de la raison du mariage du couple. Ce n’est certainement pas par affection. S’il ne trompe pas sa femme, c’est par souci de l’apparence, c’est un mari modèle, mais qui manque certainement de désir. L’épouse n’est pas non plus en reste, soucieuse seulement des apparences. Quand à la jeune servante, il lui en faut peu pour déclencher sa furie destructrice.

Ce que semble vouloir montrer le réalisateur, derrière les apparences de la réussite et du confort, avec un pessimisme inextinguible, c’est qu’en dépit de leurs efforts, les Coréens, et disons plus généralement, les êtres humains, ne peuvent dissimuler bien longtemps leurs pulsions primaires, leur violence innée, tels d’inguérissables ulcères.

La construction, la structure même de la maison laisse entrevoir de forts contrastes. Premier étage et rez-de-chaussée de standing, tout va bien, tout sent bon, mais allez voir à la cave ; même si la famille veut faire la raffinée avec son piano, au fond se trouve la paille, les planches usées et les machines archaïques. Soit une modernité prématurée, vouée à sa perte. La famille évolue dans un logement, à proximité d’un poulailler dont s’occupe, sous ses grands airs, la maîtresse de maison accompagnée de sa servante. Poulailler, dont l’allure concentrationnaire renvoie une image qui finalement est la leur, pris au piège, voué à une mort atroce, prêtes à être égorgées comme des poulets.

Le cinéma de Kim Ki-young est celui de la suffocation et du dévorement. Manque d’espace, lutte à mort, l’étau se resserre progressivement autour des trois personnages qui se disputent et s’affrontent pour une suprématie inexplicable, sorte de survie instinctive. Une nouvelle relation naît entre eux, une relation violente qui s’épanouit dans le huis clos, et ne souffrent aucune intrusion extérieure, tant elle veut se concentrer sur sa propre et méthodique destruction.

Il y a une délectation certaine, perverse qui transpire dans la façon de filmer de Kim Ki-young, horrifié et jouissant de ce spectacle. L’érotisme est là, viscéral, approbation de la vie jusque dans la mort. Négation de l’angoisse existentielle, La Femme de feu trouve son achèvement terrible dans l’extrême, la transgression, la frénésie sexuelle et meurtrière. La jeune servante, souillée, salie à l’origine, se trouve alors des affinités avec le sexe et le crime. Fuyant sa campagne, la voilà une nouvelle fois ficelée à son destin. Cela dit, dans sa cruauté, Kim Ki-young ne cherche pas des innocents mais à dévoiler le naturel coupable de chacun.

De cette culpabilité naît une certaine forme de beauté fascinante dont la jeune femme est le réceptacle. Sa soif de corps et de chair ne trouve de repos. A défaut d’émouvoir, il n’est jamais question de pitié, elle possède la grâce des démons, les charmes étranges et douloureux de la souffrance. Excessive, elle tue violemment les rats, se gave goulûment, déchire les poulets, engloutit le riz, boit abondamment et  brise un miroir, reflet inacceptable de son visage perdu, abîmé, accablé.

Très visuel, le cinéma de Kim Ki-young capte à merveille ses regards et ses traits déchus. Cinéaste du détail, il suggère, évidemment, plus qu’il ne montre, évitant à la fois la censure et le déballage. Certaines scènes privilégient de fortes images poétiques en insert, comme le fer qui se forge ; le travail sur les sonorités, l’eau, les gouttes, les poules ; l’allusion, quand les deux poupées s’embrassent sur le piano ; voire la destruction à l’intérieur d’un cadre artificiel, lorsque la servante se rapproche et met en danger le confort bienséant du mari coincé entre ses objets entre sa télé et son horloge.

Pour la petite histoire, on a même vu un SM au premier plan dans le cadre d’une scène au commissariat. Dans le plan suivant : Stereo Master… Bon, d’accord, je sors.

Je peux revenir ? Kim Ki-young filme très bien l’excitation, la dissimulation complexe de l’acte sexuel, à l’intérieur du cadre. Femme en feu, la servante s’épanouit sous la pluie, voyeuse, ou dans le jeu des regards, derrière un rideau, une vitre, où l’on voit son visage voilé par la buée ou par le sang ou encore les pleurs. Elle domine le foyer et prend possession de la maison, régnant en déesse en haut de l’escalier, curieux destin pour celle qui était vouée à rester dans la cuisine.

Huis clos érotique et macabre, La Femme de feu dynamite le mélodrame, ce qui éviter sans éviter la lourdeur parfois bien présente du genre. Mais il parvient à le surmonter par la nature de son propos, par les recherches de sa mise en scène qui fait appel à d’autres genres, comme l’épouvante dont sont utilisés les codes : de la sorcière (chamanisme qui renvoie aussi bien à la religion coréenne) à la maison qui prend toute la dimension angoissante d’une maison hantée.

Inventif dans sa forme et d’une cruauté incisive, cette version de La Femme de feu suit à merveille la harangue barbare de Picabia, violant les spectateurs qui ont en sans aucun doute besoin encore aujourd’hui, en de rares positions.

Ce film a été présenté lors de la rétrospective Kim Ki-young à la Cinémathèque française.

S.B. 

10.06.2007

Barking dogs never bite (2000) de Bong Joon-ho


Premier long de Bong Joon-ho, Barking dogs never bite révélait déjà toute l'étendue du talent du réalisateur coréen...
Yun-ju (Lee Sung-jae) en a marre : il veut faire disparaître le coupable cabot qui jappe dans sa cour. Surtout que, en principe, ces bêtes maudites sont interdites dans l'immeuble. Yun-ju est désoeuvré; il attend en vain qu'une place se libère à l'université, qu'un professeur le recrute en acceptant ses pots de vin, tradition oblige. Pour couronner le tout, sa femme, enceinte, le malmène lorsqu'elle rentre du boulot. Ici, comme là-bas: ne jamais les contredire!

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Hyun-nam (Bae Doo-na), quant à elle, travaille dans un bureau proche de la cité; elle s'ennuie, comme sa copine Jang-in (excellente Go So-hee) qui tient un kiosque, où l'on vend de tout, du bol de nouilles instantanées à la paire de jumelles dernier modèle. Dans ce réduit tout équipé, elles passent leur temps à discuter, se disputer, danser, regarder la télé, avachies sur les marchandises.

Rien ne disposait Yoon-ju et Hyun-nam à se rencontrer; et pourtant, cette curieuse affaire de chiens qui disparaissent va les amener à un incessant chassé-croisé. D'un environnement banal, construit autour de hautes tours d'habitation, Bong Joon-ho va tirer un extraordinaire récit, sorte de laboratoire loufoque et surréel où il va étudier, en sociologue barjo, les fondements de la société coréenne contemporaine, la réalité même.
 

En kidnappant un chien, Yun-ju va rompre avec l'apparente monotonie des lieux. Le voilà noyé dans une mer d'ennuis. Il ne sait pas trop comment s'en dépatouiller; en haut de l'immeuble, pas possible: une vieille fait sécher ses radis; dans les sous-sols, surpris par le gardien de l'immeuble, il doit se cacher dans une armoire et découvre, effaré, l'amour du vieux pour la viande de chienchien.

Rien de bien surprenant pour les gourmets de la gastronomie coréenne, habitué à ce genre de mets importé de Chine et consommé sur place depuis des lustres. Facile à digérer, riche en protéines, revigorant là où ça doit l'être pour les hommes, le chien cuisiné a de sacrées vertus. Reste que malgré la coutume, cette consommation tend à disparaître; le chien devient de plus en plus un animal de compagnie apprécié des dames; elles se plaisent à les promener dans la rue, chose jusqu'alors invisible.
 

Considéré sous cet angle, le film prend une nouvelle tournure. Dissimulé sous ses aspects comiques, il devient prétexte à étudier ce changement culturel significatif. La présence de nos amis les chiens en Occident comble à l'évidence un manque affectif. Cela se propage en Corée au regard de ce que décrit Bong. Tous les âges sont touchés, de la fillette à la vieille dame, en passant par la femme enceinte (qui nomme d'ailleurs son caniche : Bébé), elles ont toutes besoin de la tendresse de leur petit compagnon, plus à même de comprendre leur attentes que, vraisemblablement, la gente masculine. En les maltraitant et en les faisant disparaître, les hommes trouvent un exutoire à leurs souffrances en ruinant, à leur tour, plus faibles qu'eux.

Comme ici en Europe, leur disparition prend une tournure disproportionnée, semblable à la perte d'un proche, d'un être humain. Cela devient une question de vie ou de mort. Chacun à leur manière, aucune ne supporte ce drame, des larmes à la crise de nerfs, jusqu'au fort choc psychologique.
 

Bong Joon-ho porte un regard précis et sans concession sur sa génération, en évitant soigneusement la mélancolie. Jeunes et moins jeunes, diplômés ou non, les Coréens se sentent seuls, exercent des boulots pourris, sont menacés d'être virés pour n'importe quelles raisons justifiées (absentéisme) ou non (grossesse) tandis que les vieux sombrent dans leur retraite. Plus isolés que tous, les SDF, vivent, eux, vraiment comme des chiens, coupés du monde, chassés autant par les enfants que par la police.

Certaines personnes rêvent d'ascension sociale, comme Yoon-ju et Hyun-nam. Pour l'un l'argent devrait lui permettre d'être prof; pour l'autre, le jour viendra où un exploit la fera connaître des médias et du grand public. Par là même, la société leur reconnaitra un statut, des qualités niées chaque jour dans leur existence. Sur le plan personnel, sans travail, Yoon-ju n'est pas un homme, pas un vrai en tous cas : il ne peut subvenir véritablement aux besoins de sa femme; Hyun-nam, trop gentille, est méprisée par ses collègues et, trop naïve, moquée par sa copine.
 

Difficile, presque impossible de s'échapper de ces tours, comme dans celles filmées par Tsui-Hark à Hong Kong, au même moment (Time and Tide, 2000) où encore celles que filmaient Wakamatsu au Japon quarante ans avant. La réussite de Bong Joon-ho est de ne pas rendre cette réalité plus laide qu'elle n'est vraiment, mais de lui accorder des élans extraordinaires, comiques, de donner au quotidien de ces gens un côté magique. Il ne se limite pas à la vocation purement descriptive et chouineuse d'un certain cinéma social, toujours friand de sombres descriptions; le cinéma de Bong sur de tels thèmes ne se limite pas; il est polymorphe, tordu, mêlant harmonieusement le drame à la tension, la drôlerie à l'horreur, l'action pure, le sport à la peur.

L'humour, disait l'autre, c'est la politesse du désespoir. Bong est donc extrêmement poli. On s'amuse des farces qu'il fait, des pièges qu'il tend, des images qu'ils dessinent tout en comprenant au final leur teneur véritable : que voir derrière ce balai qui sert de canne de golf au gardien (à chacun ses moyens) ou derrière les radis séchés de Hyun-nam qu'elle a obtenu pour seul héritage, sinon la délicatesse voilée du chagrin.
 

La grandeur de ce cinéma, c'est qu'il est populaire et savant à la fois, qu'il peut faire passer un discours complexe et impertinent sur l'être humain sous une apparente et burlesque simplicité, qu'il peut jouer de sa rythmique unique du début à la fin, jouant sur les émotions, pour contracter accélerer ou ralonger le tempo, comme le fait la sublime musique signée Jo Sung-woo qui accompagne le film.

Bukowski affirmait en substance: "les intellectuels disent des choses simples avec des mots compliqués, les poètes des choses compliquées, avec des mots simples." Dès son premier long, Bong Joon-ho était l'un de ces poètes.

S.B.

09.06.2007

Biographie de Bong Joon-ho

Après seulement trois longs métrages, Barking dogs never bite, Memories of murder et The Host, on peut sans trop prendre de risque affirmer que Bong Joon-ho est l’un des meilleurs réalisateurs coréens actuels. D'où cette biographie.



Né en 1969, Bong rêve sur les bancs de l'école de devenir réalisateur. Sans être décidé par un film ou un réalisateur en particulier, il a surtout bénéficié d’un environnement familial doué pour les arts, entre un père, designer, et un grand-père, Park Tae-won, écrivain. Enfant, alors que peu de films étaient visibles dans les cinémas locaux, Bong se plaisait à regarder l’AFKN, une chaîne américaine pour les militaires, où il a pu découvrir et apprécier les œuvres de Frankenheimer, Friedkin, Coppola, Spielberg.

Parmi les films qui l'ont marqué, il cite volontiers Le Salaire de la peur de Henri Georges Clouzot, La Horde sauvage et Croix de fer de Sam Peckinpah, La Grande évasion et Papillon avec Steve Mc Queen.

A l’université de sociologie de Yonsei, dont il sera diplômé, il fait parti du ciné-club. Il s’intéresse alors davantage à des cinéastes comme Edward Yang et Hou Hsiao-hsien, dont il mémorise chacun des plans de leurs films, mais aussi à deux réalisateurs japonais Shohei Imamura et Kiyoshi Kurosawa, pensant que ce serait bien d'avoir de tels films en Corée.

Après avoir réalisé des films en 16 mm à l'université, Bong rentre à la Korea Academy of Film Arts, vivier de nombreux réalisateurs de talents des années 90. Il tourne Incohererence, qui traite de l'hypocrisie des intellectuels. Avec ce court, il commence à attirer l’attention des critiques. Après ses études, il participe à l'écriture de scénarios pour Motel Cactus de Park Ki-yong et Phantom the Submarine de Min Byung-chun. Sur ces films, il collabore avec son ami d'université, lui aussi réalisateur de Save the green planet : Jang Jun-hwan.

Il se consacre dès lors essentiellement au cinéma et commence à écrire ses propres scénarios. Avec Barking dogs never bite, il signe son premier long, véritable flop au box-office, seulement 70000 spectateurs en Corée mais qui séduit critiques et festivals (Hong-Kong, Buenos Aires, Tokyo, Locarno, Slamdance).

La reconnaissance vient avec le succès de Memories of Murder en 2003, film qui traite de l’histoire vraie d’un serial killer à Hwaseong. Prenant le contre-pied de Barking dogs never bite, Memories of murder change de style et illustre le talent de son réalisateur dans un tout autre genre, le film policier, dont il défie les conventions. Inspiré d’une pièce de théâtre Come to see me, il renvoie la Corée dans les années 80, plongeant le film dans l’atmosphère de l’époque, absente de l'oeuvre originale.

L’écriture du scénario, pour lequel il a fait de très longues recherches lui coute un an de travail. Il s’investit aussi de la sorte avec son équipe lors du casting. Il finalise son choix après avoir rencontré une centaine d’acteurs. Enorme succès, Memories of murder est devenu le septième plus gros hit de l’histoire du cinéma coréen.

Après de tels efforts, Bong prend du recul et se consacre à des projets de moindre envergure. Il tourne un clip musical et l’un des trois films numériques commandés par le festival de Jeonju en Corée, intitulé Influenza. A cette occasion, il a comme partenaires le Japonais Sogo Ishii et le Chinois Yu Lik-wai. Construit à partir d’images de vidéosurveillance de métro et de banque, le film de Bong explore le déviance vers la violence d’un citoyen ordinaire.

Son troisième film The Host concrétise un rêve de jeunesse, puisqu’il a imaginé ce projet depuis 18 ans : "je me suis fait la promesse que si je devenais réalisateur, je tournerai un film avec un monstre apparaissant sur la rivière Han, monstre qui s’attaquerait aux passants." Explorant les contractions de la société coréenne contemporaine à travers la science-fiction, Bong a su convaincre les critiques et le public, remportant le plus grand succès de tous les temps en Corée.
Polyvalent, Bong Joon-ho parvient à concilier une veine populaire et un talent novateur.
 
S.B.