15.07.2007

Les carnets d'Ozu

"Avec la fatigue accumulée tous ces derniers jours, je mesure tout ce qu'a d'écrasant la tâche du réalisateur. (Ah, si j'avais de l'argent, j'arrêterai sans hésiter! Je vous jure!)" Ozu, Carnets, p.118 

Positif, m'a signalé l'ami J.D. a publié un numéro très original, des plus originaux, très, très prise de risque, attention, attention... sur : Naruse, Ozu et Mizoguchi ! Je crois que l'autre réalisateur célébré ce mois-ci en couverture, c'est John Ford. Super. Et puis ç'aurait pu être encore pire, égaux à eux-mêmes, ils auraient pu faire un spécial...Kurosawa, le Japonais maison. On n'apprend évidemment pas grand chose à la lecture de ce dossier anodin. Bien sûr, je ne devrais pas, mais j'irai quand même l'acheter au moins pour les photos qui sont belles (ils se sont améliorés notamment sur la couverture)

 

 
Et comme le rire étouffe souvent le rieur...

Tout cela me rappelle ce que je lis en ce moment : à savoir Les Carnets de Ozu qui sont, il faut bien le dire, de vraies petites merveilles. Comment Alive (distributeur de films japonais regretté) a-t-il pu éditer ce bouquin ? Question ! Grande entreprise vouée comme toute celle de ce type, à la longue, à force de faire du bon boulot, à un pas beau du tout dépôt de bilan...

Tout simplement, dans ses carnets, Ozu (小津 安二郎) racontait à travers de courtes notations ce qu'il faisait dans la journée, depuis les années 30, 33 plus précisément, jusqu'à sa mort, 1963. En dehors de la vie, somme toute assez monotone de réalisateur, c'est aussi l'ambiance du Japon et l'environnement des studios de la Shochiku de l'époque qu'on retrouve, un vrai délice pour les amateurs de cinéma. Monotone n'est pas ennuyeux. Et c'est terriblement amusant de voir quels étaient les films qu'il aimait, les plats qu'il chérissait, quels furent ses amis, et quel type d'existence mena cet homme sympathique, qui coup de vieux aidant nous devient de plus en plus attachant.

Yasujirô Ozu, Carnets 1933-1963, éditions Alive, 1996.