12.04.2008

Snub Pollard

11.04.2008

La revanche du caméraman (1912)

 
Starewitch a fait ce film en 1912 

10.04.2008

La Joconde

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松本俊夫
A PARIS !

07.04.2008

5678's

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5678's à Paris - Les Voûtes

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04.04.2008

原一男監督作品上映

本日4月5日(土)、原一男監督のドキュメンタリー映画3本をパリ13区のアートスペースにて上映します。
場所 Les Voutes (http://www.lesvoutes.org/Archives/avril08.htm)
住所19 rue des Frigos 75013 Paris FRANCE
メトロ14番線 Bibliotheque Francois Mitterrand
メトロ6番線 Quai de la Gare
バス 89番 62番
上映時間
16時 さようならCP
18時 極私的エロス・1974
20時 ゆきゆきて、神軍
各映画3ユーロです

上映場所の Les Voutes、図書館近くのles frigosというアーテイストにスクワットされた建物のふもとで、道路の下の洞窟のような面白い所です、隣の洞窟もカフェバーになっていて隠れ家っぽい!ぜひぜひ遊びに来てください♪

22.03.2008

Tampopo et Rockenscope aux Voûtes

Le 5 et 6 avril 2008, Tampopo et Rococo en scope se déchirent un week-end aux Voûtes avec deux projections. Une de 3 documentaires de Kazuo Hara, le samedi. L'autre de notre copine Pamela Valente pour son film sur la scène Rock de Tokyo, le dimanche.

 

Samedi 5 avril 2008 à partir de 16h00.

TAMPOPO fête KAZUO HARA
 
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"Je fais des films pleins d’amertume. Je hais la société traditionnelle." Kazuo Hara.

Documentariste rare, Kazuo Hara scrute le monde avec la même hargne depuis plus de 30 ans. Trois films-gifles seront présentés le 5 avril 2008 aux Voûtes.

"Parmi les documentaristes plus jeunes, Kazuo Hara est à la fois le plus fort et le moins susceptible d'être diffusé en prime time sur les chaînes de télévision." DONALD RICHIE, Le Cinéma Japonais, Editions du Rocher.

— 16H00
さようならCP / Sayonara CP / Goodbye CP (1972)
(82 min)

Inédit en France.

"La pitié je peux m'en passer"

Résumé : Première réalisation de Kazuo Hara, Goodbye CP s’attaque aux tabous du handicap. Tourné avec un groupe d'individus atteints de paralysie cérébrale, Goodbye CP est aussi un chant sur la liberté et sur la diversité.

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— 18H00
極私的エロス・1974 / Gokushiteki erosu: Renka 1974 / Mon Eros très privé (1974)
(98 min)

Grand prix du Festival de Thonon Les Bains 1974 (car oui il y avait un festival à Thonon les Bains)

"La plus belle scène d'accouchement du cinéma" Cinéma n° 204

"Je pensais que si je pouvais mettre ma propre famile devant la caméra, ainsi que toute notre émotion, notre intimité, alors je parviendrais à briser des tabous sur la famille." Kazuo Hara

Présenté au Cinéma du réel en 1998 et 2000. 

Résumé : Hara s'intéresse là à ses rapports avec son ex-compagne Miyuki Takeda, féministe radicale. Portrait cinglant et sans concession sur le couple, la famille, l'amour, la sexualité, dans le Japon des 70's.

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— 20H00
ゆきゆきて、神軍 / Yuki Yukite shingun / L’Armée de l’empereur s’avance (1987)
(122 min)

Prix du Cinéma du réel, 1988.

Présenté au Cinéma du réel en 1988 et 1998. 

Résumé : Hanté par la guerre, le vétéran Okuzaki dénonce les faits et les responsabilités refoulées de ses supérieurs et notamment de l'Empereur, "le plus grand lâche du Japon". De la bombe !

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Hara a travaillé auprès de Shohei Imamura, qui devait au départ tourner ce film.

Imamura relate l'anecdote suivante dans "Cinéma du Réel, éditions Autrement" : "Pendant le tournage, Hara arrive un jour à mon bureau, blème. Okuzaki s'apprêtait à commettre un meurtre et lui demandait de le filmer. Ce serait un document formidable, du jamais-vu, disait Okuzaki. Hara était à la fois tenté et affolé, il venait me demander conseil. J'ai dit à Hara de ne pas filmer ce meurtre. Il y a des limites. Je lui ai expliqué que, s'il le faisait, il en souffirait toute sa vie, et que moi, son aîné, j'en souffrirais pour lui. Il n'a pas filmé. Okuzaki a échoué dans sa tentative de meurtre. Il est aujourd'hui en prison."

Il y a un article dans le numéro 406, avril 1988 des Cahiers de François Niney à propos du film. 

 "MON COMPLEXE DE HORS-LA-LOI EST PARTICULIEREMENT FORT" Kazuo Hara

 

Infos : tampopoetcie@laposte.net - www.lesvoutes.org

(Entrée 3 euros)

19 rue des Frigos 75013 Paris
(ex: 91 Quai Panhard & Levassor, ex : 91 Quai de la gare)
Lignes Metro : 14 Météor - 6 Quai de la Gare
Lignes Bus : 89 - 62

Dimanche 6 avril 2008 à partir de 15 heures.

IT CAME FROM JAPAN Après-midi Rock'en scope

Projection et concert :
ROCK’N’TOKYO - Pamela Valente - 2006 - France - 90 mn.
Japonais - sous-titrage en français - couleur.
 
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« Un portrait de cette incroyable ville à travers le rock, avec les groupes Guitar Wolf, The 5678’s, les Jet Boys, et Nine. Un style de vie et un genre musical découverts par les Japonais pendant l’occupation américaine après la Seconde Guerre mondiale. Dans cette société bien ordonnée, il existe malgré tout un monde underground. C’est ce Tokyo-là que je montre dans mon film. » Pamela Valente.
 
En présence de la réalisatrice PAMELA VALENTE et un concert SURPRISE !

Rock'en scope - visual soundPLOITATION
live.res@voila.fr
rockenscope@voila.fr
http://rockenscope.monsite.wanadoo.fr
http://rockenscope-english.monsite.wanadoo.fr
http://www.myspace.com/rockenscope
(Entrée 8 Euros).

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Onoching dans toute sa splendeur !

19 rue des Frigos 75013 Paris
(ex: 91 Quai Panhard & Levassor, ex : 91 Quai de la gare)
Lignes Metro : 14 Météor - 6 Quai de la Gare
Lignes Bus : 89 - 62

21.03.2008

Nippon Connection 2008

Vu que j'ai plein de choses à faire en ce moment, que mes amis allemands ne m'en veuillent pas d'avoir reproduit texto ou presque, leur communiqué de presse. Nippon Connection, c'est un rendez-vous incontournable pour tous ceux qui s'intéressent au Cinéma Japonais.

 

NIPPON  CONNECTION  2008
 
 
Francfort se prépare à redevenir l’épicentre de la culture japonaise en Europe.  La 8ème édition du festival de cinéma japonais Nippon Connection s’y déroulera du 2 au 6 avril 2006, et proposera comme à l’accoutumée un éventail complet de ce qu’il s’est fait de plus créatif dans l’archipel l’année passée. Plus de 150 films, allant du blockbuster au documentaire, seront projetés ; 30 réalisateurs viendront présenter leurs films en personne ; et de nombreuses animations viendront compléter cette célébration du cinéma Nippon.

Le festival s'ouvrira sur ASYL, le drame d’Izuru KUMASAKA récemment primé lors de la Berlinale. Nobuhiro YAMASHITA, l’étoile montante du cinéma japonais, nous fera l'honneur de venir présenter en personne sa dernière œuvre, A GENTLE BREEZE IN THE VILLAGE. Nous nous réjouissons également de la venue de Yasushi KAWAMURA, le responsable des animations 3D du très attendu APPLESEED: EX MACHINA, réalisé par Shinji ARAMAKI et produit par John WOO. Les amateurs d'animé apprécieront aussi la trilogie de courts-métrages de Makoto SHINKAI, 5 CENTIMETERS PER SECOND.Hitoshi MATSUMOTO sera lui aussi de la partie, avec l'hilarant  DAINIPPONJIN .

Le Japon a ces dernières années fait l’objet de grands débats historiques. Aussi Nippon Connection a-t-il décidé de consacrer un volet de trois films ayant pour thème la politique. UNITED RED ARMY, de Koji WAKAMATSU, narre avec beaucoup d’intensité l’histoire de la RAF (Fraction Armée Rouge) japonaise. Ying LI signe quant à lui un documentaire sur le très controversé sanctuaire de YASUKUNI, ou reposent des criminels de guerre. Risa MORIMOTO livre quant à elle un poignant documentaire sur les kamikazes durant la seconde guerre mondiale.
 
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 Jitsuroku: Rengo sekigun – Asama sanso e no michi de Koji Wakamatsu
 
Pour la première fois dans l'histoire du festival, des films seront commentés par des conteurs japonais traditionnels (les Benshis), et sous-titrés en anglais. Le film muet A PAGE OF MADNESS (1926) de Teinosuke KINUGASA sera commenté par Ichirô KATAOKA, tandis qu'Hirono YAMADA viendra lui même illustrer vocalement ses propres courts-métrages.

La Nippon Retrospective se consacrera cette année aux films d'animations injustement méconnus des années 60 et 70.

De nombreuses animations viendront compléter cette programmation haute en couleur. Nippon Culture proposera aux visiteurs tout un éventail de distractions, allant de la cérémonie traditionnelle du thé traditionelle au bar Karaoké (!), en passant par des cours de dessin de mangas et une salle de jeux vidéo. Il y aura en outre des tatouages japonais et, cerise sur le gateau, une performance live de Shibari; ainsi qu'une démonstration de Kamishibai, ce théâtre de papier à l'origine des mangas et des dessins animés. Les oeuvres de jeunes artistes japonais, dont celles Reiko ISHIHARA, seront exposées à l'occasion d'un partenariat avec la Mousonturm. Les cinéphiles désireux d'approfondir leur connaissances pourront participer à des discussions avec les réalisateurs et à des conférences ou de nombreux critiques et experts du cinéma japonais seront présents.

Les visiteurs éreintés par toutes ces animations pourront se détendre à l'occasion d'un massage shiatsu, se restaurer au moyen d'un bol de lamen  fraîches... Pour ensuite aller enflammer la piste de danse à l'occasion d'une des fameuses fêtes organisées par Nippon Connection! Une thématique jazz japonais sera organisée lors du cocktail d'ouverture par le DJ Jan Hagenkötter. Le 4 avril, le DJ Scotch Egg électrisera la soirée avec ses breakbeats game boy. Enfin, le duo de DJ japonais Hito & Kyoka clotureront le festival avec une soiree d’enfer!


Seront visibles cette année (liste non exhaustive):

5 Centimeters per Second (Byôsoku 5 centimeter) de Makoto SHINKAI, 2007

A Bao A Qu von Naoki KATO, J 2007

A Gentle Breeze in the Village (Tennen kokekko) de Nobuhiro YAMASHITA, 2007

A Permanent Part-Timer in Distress (Sônan freetâ) de Hiroki IWABUCHI, 2007

After Ten Thousand Years de Isao OKISHIMA, 2007

Appleseed : EX MACHINA de Shinji ARAMAKI, 2007

Asyl de Izuru KUMASAKA, 2007

Beyond the Fence (Sakugoe) de Ryuichi HONDA, 2007

Dainipponjin de Hitoshi MATSUMOTO, J 2007

Dog in a side car (Sidoka ni inu) de Kichitaro NEGISHI, 2007

Family Matters (Kazoku no hiketsu) de Shôtarô KOBAYASHI, 2007

Fine, Totally Fine (Zen zen daijobu) de Yosuke FUJITA, 2007

Fragment de Makoto SASAKI, 2007

Funuke Show Some Love, You Losers! (Funukedomo, kanashimi no ai wo misero) de Daihachi YOSHIDA, 2006

Girl Sparks de Yuya ISHII, 2007

Lazarus – The House of the Rising Sun (Razaro – Asahi no ataru ie-hen) de Kishû IZUCHI, J 2007

Linda Linda Linda de Nobuhiro YAMASHITA, 2005

The Mourning Forest
(Mogari no mori) de Naomi KAWASE, 2007

NEGADON: The Monster from Mars de Jun AWAZU, 2005

Nada Sou Sou - Tears For You de Nobuhiro DOI, 2006

Night Time Picnics (Yoru no piknikku) de Masahiko NAGASAWA, 2007

Now, I… (Ima, boku ha….) de Yasutomo CHIKUMA, 2007

Shadow of Sand (Suna no kage) de Yusuke KAIDA, 2008

Sisterhood de Eiji UCHIDA, 2007

Tears of Kitty (Koneko no namida) de Toshiyuki MORIOKA, 2007

Tamala's 'Wild Party' de t.o.L, 2007

Three for the Road (Yajikita dôchû Teresuko) de Hideyuki HIRAYAMA, 2007

The Tender Throbbing Twilight (Ikutsu ni natte mo yaritai otoko to onna) de Shinji IMAOKA, 2007

This World of Ours (Oretachi no sekai) von Ryo NAKAJIMA, 2006

Twilight Phantom
(Akôkurô) von Tsukasa KISHIMOTO, 2007

United Red Army (Jitsuroku: Rengo sekigun – Asama sanso e no michi) de Koji WAKAMATSU, 2007

Virgin Wildsides (Dotei. Wo purodyûsu II. Byûtifuru doriimâ) von Tetsuaki MATSUE, 2007

Wings of Defeat (Tokko) von Risa Morimoto, 2007

Yasukuni de Ying LI, 2007

 

Nippon Connection

Festival de cinéma japonais

2. - 6. Avril 2008

Francfort sur le Main

www.nipponconnection.com

 

20.03.2008

Mario Monicelli

Mario Monicelli est venu ouvrir la rétrospective qui lui est consacré à la Céheffe. 93 ans : il est en pleine forme ! Claudia Cardinale, cette chère Claudia Cardinale était dans la salle. Monicelli, Monicelli, dont les films étaient si difficiles à voir, est là.

En ouverture, l'apparemment anodin Un borghese piccolo piccolo (1977) qui est une bien belle entreprise de démolition. Alberto Sordi est grandiose, évidemment. On passe de la comédie grasse, collecte de pellicules capillaires sur la table et autres lancés de pâtes contre le mur, à une oeuvre beaucoup plus sombre, délicieuse et amère. Qui donne envie de tout voir, le reste. Déjà, qu'on les désiraient comme d'élégantes Romaines, ses films, les journées vont être très longues !  

 

12.03.2008

Rencontre avec Kijû Yoshida

Rencontre avec Kijû Yoshida qui sera présent avec son épouse Mariko Okada, pour la rétrospective de ses films au Centre Georges Pompidou qui aura lieu du 29 mars au 19 mai 2008. Grand moment pour moi, malgré le peu de temps que j'ai eu à leur consacrer, notamment à Mariko Okada, que je rêvais de rencontrer.

Vous semblez très attaché à la France. Vous avez notamment étudié la littérature française. Pouvez-vous nous parler de ce lien particulier ?

 
Avant guerre, j’ai fait connaissance avec la France grâce à ma mère, qui m’emmenait voir beaucoup de films français. Je n’ai qu’une mémoire approximative des films que j’ai vu à cette époque. Cette femme, en réalité, n’était pas ma véritable mère, mais la seconde épouse de mon père. Lorsqu’elle intégra notre foyer, elle vint avec un album photo de stars du cinéma, chose très importante pour moi. Elle était férue de cinéma et me décrivait les différentes actrices et pas seulement les actrices françaises que l’on pouvait y trouver. Parmi les Françaises, Annabella, Danielle Darrieux, ou encore Claudette Colbert. A partir de ce moment là, j’ai commencé à prendre conscience de l’existence d’autres pays. Par la suite, à l’adolescence, j’ai lu un roman qui m’a marqué. Il s’agissait de La Nausée de Sartre. Auparavant, j’avais lu des œuvres traduites en japonais de Stendhal ou de Balzac, mais avec le roman de Sartre, c’était comme si quelque chose dans ce livre rejoignait ma propre personnalité. C’est véritablement cette œuvre là qui m’a conduit à me spécialiser et à m’intéresser à la littérature française. Plus tard, à l’université, j’ai consacré une thèse à Sartre. J’ai réalisé mon premier film en 1960 à l’âge de 26 ans et depuis l’année précédente commençaient à arriver les films de la Nouvelle vague française. Tout juste avant de tourner Bons à rien, j’avais assisté à la projection des Cousins de Chabrol. Je trouvais que la description des relations humaines rompait avec certains stéréotypes qui prévalaient jusqu’alors. Je lisais les Cahiers du Cinéma en français et j’avais rassemblé des informations, notamment sur les films de Jean-Luc Godard. Sans avoir vu les films de Godard, je souhaitais pour Bons à rien, soit lui rendre hommage, soit faire un pastiche. Une fois Bons à rien terminé, j’ai eu l’occasion de voir A bout de souffle. J’ai donc pu juger de tout ce qui séparait nos deux films dûs aux différences entre les contextes respectifs de nos deux pays. L’autre date importante pour moi, c’est 1969, où j’ai pu présenter le film Eros + Massacre pour la première fois au Festival d’Avignon. A l’époque, subsistait un problème au Japon d’atteinte à la vie privée concernant ce film. Il n’avait en conséquence pas pu être distribué dans mon propre pays. A Avignon, de surcroît, il a été beaucoup apprécié, ce qui contribua à obtenir un début de reconnaissance international. Un mois après, le film a été distribué à Paris à la Pagode. De là s’est instaurée une relation forte entre la France et moi. Avec en plus cette année, l’honneur de cette rétrospective au Centre Pompidou.

Qu’avez-vous appris lorsque vous étiez assistant auprès de Keisuke Kinoshita ?

 
Je suis rentré à la Shochiku à ma sortie de l’université. Si j’aimais le cinéma déjà à l’époque, l’univers du cinéma et ma conception personnelle étaient en revanche antagonistes. Je ne me voyais pas entrer dans ce monde là. Je n’en rêvais pas. Je n’aurais jamais eu l’idée d’en faire un objet d’étude. Tout cela était très loin de moi, de mes attentes. Le Japon était encore dans une situation de relative pauvreté et ma famille dans une situation précaire. J’ai dû trouver rapidement un emploi pour subvenir à ses besoins. Et une opportunité s’est présentée pour gagner de l’argent, travailler à la Shochiku, et pour cela j’ai dû passer le concours pour devenir assistant réalisateur. Il y avait environ 2600 candidats pour seulement 8 places. J’ai eu la chance d’être sélectionné sans pour autant avoir véritablement l’objectif d’en faire un métier, ce n’était pas une vocation. Je considérais cette activité comme un gagne-pain. Pendant près d’une année, j’ai travaillé auprès de beaucoup de réalisateurs différents, tous plus ou moins oubliés aujourd’hui. J’ai fait aussi la rencontre de Nagisa Oshima, avec qui j’ai lancé un groupe pour la promotion de scénarios originaux et nous avons publié ces travaux dans une revue distribuée en interne, à des gens comme Mariko Okada ou encore Keisuke Kinoshita. Kinoshita a lu de cette manière mon premier scénario qui s’appelait, littéralement, La tombe sur le littoral. Lisant cela, il m’a demandé si je souhaitais pas le rejoindre en tant qu’assistant. A la Shochiku à cette époque, il était l’égal d’Ozu. Considéré comme un grand maître, c’était un grand honneur de travailler à ses côtés. Ce statut particulier lui permettait de n’avoir à tourner qu’un film par an, ce qui nous offraient à nous, assistants réalisateurs, la possibilité d’avoir beaucoup de temps libre, une fois le tournage terminé. Cela m’a permis de voir énormément de films américains et français. Je n’ai pourtant pas subi de profonde influence de lui, dans la mesure où je n’idéalisais pas le cinéma. Cependant, j’essayais de déterminer de quelle manière je pourrais trouver ma propre voie. Je me rendais compte aussi de tout ce qui nous séparait. Sans doute, ce que je lui dois relève davantage d’une règle de conduite, d’une sorte de « morale du cinéaste », notamment dans ses relations avec la société de production. S’il était capable de faire des compromis sur certains points, en revanche, il ne transigeait pas sur d’autres et pouvait résister. Vis-à-vis également des acteurs, Kinoshita leur laissait une pleine liberté, pour que chacun puisse révéler son talent, chose qui a perduré dans ma façon de les diriger.

Dans les films de vos débuts, j’ai particulièrement apprécié Le Sang séché, que je trouve d’une étonnante modernité et très critique dans son propos. Aussi, je me demandais à ce sujet qu’elle était la marche de manœuvre d’un jeune réalisateur comme vous à l’époque, que ce soit vis-à vis des acteurs ou des producteurs.
 

A mes débuts, ce qui m’a sans doute aidé, c’était de bénéficier de cette étiquette de Nouvelle Vague japonaise. Se répandait l’idée qu’il se passait quelque chose de nouveau dans le cinéma japonais et les journalistes étaient réceptifs à cela. Les spectateurs et la presse nous ont soutenu. Je raconte dans ce film l’histoire d’une personne qui se suicide et qui pour cette raison devient un héros jusqu’au dénouement final, qui peut être compris comme une critique de la société, société qui perdurait depuis longtemps et qui glorifiait le sacrifice de soi. Je m’opposais à cette idée, à ce système hérité de l’avant-guerre et qui subsistait et qui devait être selon moi remis en question, critiqué. A la fin du film, on voit la photographie en grand format du personnage principal sur une façade qui s’effondre et l’acteur Keiji Sada, star de l’époque. Dans la chute de ce portrait, on peut effectivement voir le symbole de la fin d’une période, pour le cinéma japonais, pour la Shochiku, pour son star-system. Keiji Sada d’ailleurs comprenant les enjeux du film, a interprété son rôle de bon cœur. Jusqu’où la Shochiku a-t-elle eu conscience de cela, du danger, je ne le sais toujours pas. Ils devaient être inquiets car ils pressentaient eux aussi les limites de ce système et ils ont tout de même laissé passer le scénario, scénario que je leur avais fait lire et qu’ils avaient accepté. C’était donc recevable à l’époque. Malheureusement, le film n’est resté que quatre jours sur l’écran puisqu’il se trouve qu’il a été diffusé au même moment que le Nuit et Brouillard au Japon de Oshima, que par ailleurs un leader du Parti Socialiste a été assassiné, et que donc, dans cette ambiance là, il pouvait être mal interprété vu le contexte. Ils ont donc préféré les retirer tous deux des écrans.

J’aurais beaucoup de questions à vous poser… Malheureusement, nous n’avons pas le temps. Très courte question donc pour Mariko Okada. Comment êtes- vous devenue actrice ?


Mariko Okada : Mon père était acteur très connu du cinéma muet (Tokihiko Okada, acteur chez Ozu et Mizoguchi, notamment. NDLR). A la Toho, il y avait une école où l’on pouvait prendre des cours pour devenir acteur. Au sein de cette école, après une semaine j’ai été engagée… J’ai été très surprise !

Kijû Yoshida : (rires) C’est bien la seule à ne pas le savoir, car toute sa famille a fait le nécessaire pour qu’elle devienne actrice…

 

  Affiche originale japonaise de Eros + Massacre

Grand merci à Matthieu Capel, Terutaro Osanaï, Julie Dejode et Manon Ouellette. 

Mariko Okada dans Tampopo

Mariko dans Tampopo, un grand film, une belle scène, celle des spaghettis !