07.07.2008

Zabriskie Point

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04.07.2008

Chameau vert

Reçu ça dans ma boite en provenance du Chameau Vert. 

“Illegal immigrants started a fire on Sunday at one of France’s biggest deportation centres outside Paris, burning down two buildings and injuring around 20 inmates waiting for expulsion, police said. (…)".

“one of France’s biggest deportation centres”…

28.06.2008

Valse avec Bachir

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21.06.2008

Promenade à Montmartre

Le studio 28 passait des films d'avant-garde. Il y a bien longtemps... La programmation est bien terne à présent.

Le musée de Montmartre est pas mal. Dommage : les oeuvres montrées dans leur expo permanente ne changent pas souvent. A voir, si on est en manque de Suzanne Valadon, La Goulue et autres Grille d'égoût... Les expo temporaires par contre donnent à voir de belles affiches-lithographies, de beaux tableaux, de belles gravures. En ce moment, il y en a une sur l'Absinthe. Fée verte que beaucoup de poètes et de peintres ont chanté. Pour les amateurs d'affiche de cinéma. Il y en a une très belle des prod. Pathé Frères.
 
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Pause ensuite dans le très calme parc du musée.

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Il y a des expos expérimentales à l'extérieur aussi. Dans un autre genre. Plus contemporain.

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Ca faisait longtemps que je cherchais la tombe d'un grand affichiste des débuts du cinéma Candido Aragonez de Faria, venu du Brésil et ayant fait de nombreuses lithographies. Justement pour Pathé. Il est mort, selon nos rares infos de surménage, dans son atelier. De Faria dont on peut voir généralement des affiches dans le musée de la Cinémathèque. Par exemple, la sublime Ecrin du Radjah.

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Retrouvé la tombe. On m'avait dit qu'elle était belle. C'est vrai. la statue est envahie par le lierre. Il est là avec sa moustache et son chapeau, avec son fils Jacques. Jacques a lui aussi fait des affiches de cinéma. On peut voir l'un de ses tableaux (Vue de son atelier, qui devrait être celui de son père aussi rue de Steinkerque) au Musée. Elle est au début du Cimetière Saint-Vincent.
 
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Il est un peu oublié des listes de "reposants". Son travail d'artisan laborieux et talentueux est à découvrir. Même si il y en a beaucoup d'autres, c'est sans doute l'un des plus intéressants de chez Pathé. Heureusement qu'ils signaient souvent leurs oeuvres chez Pathé, au contraire de chez Gaumont.

19.06.2008

Comfort women

Les films sur les prostituées me rendent triste. Certains sont sublimes.


J'adore Les Femmes de la nuit - Yoru no onnatachi (1948) de Mizoguchi, merveille de cruauté, de violence, de beauté, pauvres âmes errantes dans Osaka dévasté après-guerre. On connait l'histoire de Kenji, celle de sa soeur. J'adore La Berceuse de la Grande terre - Daichi no komoriuta (1976) de Masumura qui m'est apparu comme une sorte d'hommage en fin de course, retour à ses débuts, il l'assistait, à Mizoguchi -il y a d'ailleurs Kinuyo Tanaka dans un petit rôle- itinéraire d'une paysanne arrachée à sa terre et dévoyée dans un bordel sur une île et qui se révolte, avec des côtés Imamuriens pour le terroir, le Japon cru. J'aime moins Zegen (1987) de Imamura, bien paillard, bien vulgos, sur un tenancier patriote de maisons closes. J'adore par contre ses documentaires réalisés pour la T.V. comme Karayuki-san (1975), Japonaises traînées de force pour servir de putes en Chine pour l'armée impériale.

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Je repensais à tout ça lorsque j'ai vu récemment le documentaire de Noriko Sekiguchi, Senso no onnatachi (1989), tombé lui aussi presque par hasard entre mes mains, portant sur les "Comfort Women" (euphémisme gerbant), prostituées de gré ou de force, venant de toute l'Asie et finissant dans un bordel, ici, en Papouasie Nouvelle Guinée, servant d'esclaves sexuelles aux militaires. Noriko Sekiguchi donne la parole aux témoins, notamment aux femmes du pays qui ont, elles aussi, ramassées, et essaie de retracer leur histoire, histoire rayée de la mémoire officielle.
 
Une image, une photo me hante. La photo d'une femme au fond d'une cale de navire. Là, reléguées comme des marchandises, là où, si le bateau coule, - ne pas en réchapper. La réalisatrice n'a apparemment pas fait beaucoup de films par la suite.

11.06.2008

Bonne dégustation

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On dirait un écran de cinéma 

Shuji Terayama

"La prochaine fois, je ferai un film que je projetterai sur vos visages"

Shuji Terayama, aux journalistes français, 1972.

Phil Collins

"Le dernier arrivé est fan de Phil Collins"

Steack de Quentin Dupieux. 

08.06.2008

JCVD

C'est une question de méthode !
 
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«Pour sauver l'économie, il faut acheter, acheter n'importe quoi.» Général Eisenhower

Aux halles, on peut voir beaucoup de gens passer sacs à la main en faisant la gueule, avec leurs objets achetés. C'est comme à Noël, on achète en faisant la gueule. Noël toute l'année. On fait la gueule mais faut acheter bordel, pour remplir le vide de sa fin de semaine après avoir travailler comme des crétins pour acheter, acheter, n'importe quoi. Ca nous rassure. Ca calme nos angoisses. Ou alors autre solution, on peut aller au cinématographe débrancher et rendre son cerveau disponible.

Rebranché la télévision récemment, pour le football dopé et boire des bières devant. Terrible. Comment ne pas être tétanisé par la litanie de ces faits divers cruels et ces attentats qu'on énonce sans aucune profondeur, sans aucun recul, simplifier systématiquement la complexité des situations des hommes et du monde ? Quel intérêt, quelles conséquences ? On pourra se calmer avec les produits qu'on va nous proposer pendant les spots. Et pour ceux qui aiment le football dopé, les marques clignotent aux abords des stades.

Vendredi séance à 18 heures à l'UGC. En haut, les caisses ont disparu, remplacées par des machines. On devient son propre caissier.

Près de l'UGC, de quoi peut-on se nourrir ? Starbucks, Ben & Jerrys à proximité.
 
25 minutes de réclame avant le film. Ca compte quand même, avant 1H36. Au cinéma, on est totalement attentif, disposé à absorber le package qu'on va nous proposer. Ecran immense lumineux dans le noir.
 
"Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible."
 
Au menu, Sony Ericsson, Oasis, SFR, Ben et Jerrys (on pourra y aller tout de suite après), Red Bull, Armée de terre, Bouygues... "On partage plus que du cinéma", - tu m'étonnes. Un mec remonte avec son pot en carton taille XXL de Coca.

JCVD, donc. Bon film. C'est un film français ? Tu veux dire qu'on peut encore faire des films comme ça ? Ca doit être belge, non, plutôt ou en partie ça peut pas être que français. JCVD s'était fait Ardissonner, on invite les ringards à la TV et on les allume et on les rebranche, il se fait Tarantinner maintenant, il devient cool après avoir été ringard. C'est cool d'en parler, ça doit être cool d'en faire des articles. Après il devrait soit rester cool, difficile, soit redescendre. Travolta, et surtout Pam Grier sont vite redescendus après leur nouvelle phase "in", non ?

Le film de Mabrouk El Mechri voue quoiqu'il en soit une grande admiration à son personnage. On le voit dans le regard qu'il lui porte et dans l'image qu'il renvoie. Il filme à la fois sa dimension pathétique, sa ruine, et sa grandeur, la grandeur du rêve qu'il a su lui procurer gamin. Trois scènes très fortes ressortent, scotchent, la scène du film d'action (HK, Direct To Video), la scène de la sortie de la banque avec les otages où, là, gros clin d'oeil. Inconsciemment : on attendait comme des cons de revoir ce geste. La délivrance. Et puis, il y aussi cette confession, la confession en plan séquence qui m'a fait pensé à Imamura, Ningen Johatsu (on voit le dispositif), ici élévation de l'homme, genre Tarko, Andrey Rublyov la caméra se lève soudainement dans les airs, Godard, Matsumoto. Ca a beaucoup de gueule, interrompre, faire une pause, prendre le temps d'expliquer, regard caméra.

Buriné. Fatigué. Mais beau le Van Damme. D'ailleurs, le réalisateur aime ses acteurs, tous ses acteurs ceux au premier et au second plan, il leur laisse une chance, les laisse vivre. Beaucoup sont intéressants, la chauffeuse de taxi, les deux gars du video-club, le commissaire, et les gangsters. Il y a notamment ce nerveux, Zinedine Soualem, le chef, sorte de Robert Duvall avec des cheveux, et un autre plus tendre (Karim Belkhadra) qui, comme un ado s'amuse avec son idole, prêt à tout pour défendre l'acteur, et au delà le geste, le rêve.

Puissant en terme d'action, de nerfs, de drame, de rides et de pleurs, de comédie, de rires, avec une forte dose de mise en scène, il y a un FILM là, à voir. Et sans aucun doute un REALISATEUR avec DES IDEES.



04.06.2008

Panneaux publicitaires

Il fut un temps où wah, wah, super, super, les poubelles, les déchets.

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On retrouve assez souvent la même chose Mc Do Quick 8x6 chipsters voilà où nous en sommes, nous, dans le métro, serfs volontaires. Voilà de quoi on se nourrit. Rarement de caviard.

La taille monumentale des panneaux publicitaires est fascinante dans ces galeries sous-terraines. On pourrait exposer de l'art, du graphisme, des citations de Diderot ou de Montaigne ou de Marc Aurèle, mais non. Les taggueurs s'en chargent dans l'urgence, les prennent d'assaut et calligraphient les cours d'anglais, devenez radin, succès garanti ou remboursé.

Les réclames pleines de couleurs photoshopées invitent aux croisières à s'offrir un nouveau mac pc imprimante gps archeos à s'acheter récemment des lentilles sponsors d'une quelconque équipe de France ou de toute à donner pour les lépreux, avant. Choix entre ça, rêves en plastique charité. Et la crasse le gris la poussière les souris les sièges chewinggumés du siècle dernier rails noircis par la pollution moisissures stalactites parfois magnifiques, les senteurs d'égoût, la puanteur des gens et la sueur de soi. Cocoonés par les grandes déesses bronzées maternantes galbées où pourrait donc bien fuir le regard ? Sans doute vers celui vitreux fatigué d'un autre employé faisant une pause dans sa lecture de Gala, Voici, Direct Soir, Public, Closer ou le Canard Enchaîné, nous renvoyant à notre propre image de déchets ambulants du salariat.