10.09.2008
Henryk Tomaszewsky
Henryk Tomaszewsky (1919-2001) est l’un des grands noms de l’affiche polonaise. Avec Eryk Lipinski, il a réussi, après-guerre , à donner un ton nouveau au graphisme, en totale rupture avec le réalisme socialiste alors en vigueur. La gueule de ses réalisations à l’intérieur d’un système considéré plutôt comme liberticide a de quoi étonner quand on voit, avec le recul la touche graphique générale de la plupart de nos « démocraties. » Le cinéma et en particulier, la firme étatique de la Film Polski lui a permis de développer des idées originales et laisser champ libre à ses expérimentations picturales, chose pas si évidente, dans les Beaux Arts nobles de l’époque. L’art se trouvait dans la rue.
Ici, quelques exemples avec l’affiche de La Symphonie pastorale de Delannoy.

Et celle de Citizen Kane d’Orson Welles.

17:25 Publié dans Documents | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tomaszewsky
08.09.2008
Billie Holiday et John Coltrane
Lu récemment l'autobiographie de Billie Holiday Lady sings the blues éditée chez Parenthèses. Trouvé ailleurs un très bon site avec les paroles de ses chansons. Sa vie a été horrible du début à la fin, cela elle nous l'explique avec ses mots et la traduction rend assez bien le langage qu'elle pouvait avoir et l'état d'esprit dans lequel elle a été toute sa vie. Quant à ses interprétations, impossible de les qualifier tant elles dépassent l'entendement humain, indispensable soutien les jours de peine ou compagne aimante les jours de joie.

Commencé ensuite la non moins excellente biographie signée Lewis Porter de John Coltrane chez Outre Mesure. En suis à ses débuts, vie difficile, autodestructrice, ses influences... Tout cela donne envie d'écouter et réécouter Coltrane et ses inspirateurs, de Charlie Parker, Coleman Hawkins à Lester Young, "Pres" dont j'adore la sonorité. Très content en tout cas de toutes ces traductions.

17:18 Publié dans 日記 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : billie holiday, john coltrane
10.08.2008
Les adaptations d'affiches
Des amies m'ont récemment offert un beau livre sur les affiches japonaises sur les femmes fatales. Merci à elles. Parmi les très belles reproductions, je ne résiste pas à reproduire celle-ci de Désir Meurtrier de Shohei Imamura. Pour toutes ces boites historiques, comme là, la Nikkatsu, difficile d'en connaître leur(s) auteur(s), vu qu'ils ne signaient jamais.

Choisie celle-là, non seulement parce que c'est un film d'Imamura, réalisateur adoré, mais aussi pour nous aider à résister à la déprime visuelle qui nous guette, en cause : la nullité graphique vertigineuse actuelle des affiches de cinéma. Bien que surchargée par l'écrit, - l'éclairage, le mouvement, l'alliance des couleurs, du rouge, du jaune, du blanc, donne quelque chose de sensuel à celle-ci. Evidemment, l'ouverture délicate sur le cou y est aussi pour quelque chose...
Bon d'accord ça n'intéresse absolument presque personne, les affiches de cinéma, mais quand même... faites un effort... pour nos yeux...pitié.
Ils doivent désespérer, les graphistes, dans les agences de publicités actuelles. Pour les films américains, les Français se contentent souvent, gros problème, d'adapter (par obligation ?) les affiches américaines. Ils n'ont pas le choix. Les Polonais sont aussi je crois, passés à la casserole (quand tu penses à ce qu'ils faisaient avant...). L'uniformité généralisée. Ne parlons pas des affiches pour les films français qui sont tout juste bonnes à foutre à la poubelle.
Ex. de grosses merdes à la françaises (vicieusement choisies, certes) :


Les Japonais, ce n'est pas que du nipponocentrisme je crois, résistent quand même mieux et font des choses souvent plus inventives. Ils ont le droit de créer (pourquoi eux, pourquoi pas nous ?) sans doute avec des directives difficiles mais ça donne (encore et au moins) des choses (un peu) différentes. Ils aiment bien les affiches chorales comme celle-là.
Affiche américaine :

Affiche française :

Affiche japonaise :

15:38 Publié dans 日記 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : affiche, poster
06.08.2008
The Great Happiness Space
Un autre bon documentaire sur une forme de prostitution : The Great happiness space (2006) de Jake Clennell. Ca se passe à Osaka, ils sont jeunes, beaux ou drôles ou sympas ou charismatiques ou tout ça à la fois, leur métier : Host. Ils tentent de faire passer du bon temps (discuter, boire, rigoler, chanter) à des femmes en manque d'affection, dans des clubs spécialisés contre rémunération. Ils repoussent un maximum l'échéance de la relation sexuelle car souvent elle est synonyme de la fin d'une relation commerciale privilégiée entre eux et leurs clientes. Ils tombent parfois amoureux, ils sont malades à force de s'alcooliser jusqu'à l'extrême, ils mentent pour les garder, et elles, ne sont pas aussi naïves qu'elles le paraissent. Comme si ce n'était pas assez : certaines des jeunes femmes font appel à leur service se prostituent même pour pouvoir reverser de l'argent à leur host(s) préféré(s). Un jeu bizarre de séduction monnayée où l'on ressent, derrière les sourires, de la tristesse et du désespoir. Raffinement paroxystique de la société de consommation. Des coupes de cheveux, aussi.

Histoire du Japon racontée par des prostitué(e)s -suite- : La Berceuse de la grande terre, Derrière le rideau de Fusuma, Senso daughters, Yokohama Mary, Les Femmes de la nuit, Karayuki-san, Zegen, La Rue de la joie, The Great happiness space,... à suivre.
09:04 Publié dans 日記 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prostitution
04.08.2008
Tokyo Scanner
10:01 Publié dans 日記 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.08.2008
Aoyama
Ligne 4 : étuve. Sueur dégoulinante.
Les habitués essayent de trouver le coin minuscule de la rame où leur crâne recevra un léger souffle d'air frais.
Air pourrif : qualité de l'air : hier : 6 : médiocre.
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Vu récemment A (1998) de Tatsuya Mori. Excellent documentaire sur la secte Aum.
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Il va y avoir cette automne une rétro Shinji Aoyama dont on retrouve une itw ici en français et une en anglais là. Concernant la rétrospective elle devrait comporter par ailleurs une mini carte blanche incluant des films plaisants.
Ses films me plaisent : Eureka, Eli Eli Lema.
Ses films m'emmerdent : Deux voyous, Koorogi.
Pas vu les autres mais envie de voir Sad Vacation.
Un autre projet semble intéressant quoique sans doute harassant à voir, un documentaire de 7 heures et demies sur Akira Aida, critique musical des 70's. Sans doute pourra-t-on le visionner à la fin de cette année ? Ou le sitcomiser en épisodes par la suite.
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Voir les Kumashiro sur grand écran. Mais j'ai la flemme de me débattre. Copies et distributeurs existent.

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Hier est passé Printemps précoce.
13:03 Publié dans 日記 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kumashiro, aoyama
30.07.2008
La Fiancée de Frankenstein
She’s alive aliiiiiiiive !!!!!

Vu Bride of Frankenstein de James Whale.Trouvé ça pas terrible. Ca sent trop la sortie du muet. Tout est exagéré dans le jeu. En dehors de l’acteur Ernest Thesiger qui interprète le docteur Pretorius. Il est bien grotesque et en fait des tonnes. Chez lui ça passe, c’est du délice. Ai bien aimé surtout quand il trinque en compagnie du crâne avec la créature de Frankenstein dans le caveau. Boris fume le cigare, c'est beau un monstre qui fume le cigare et qui picole, ça m'a renvoyé à Hellboy.
La scène dans la tour est pas mal avec ses cadrages d’enfer, ses éclairages expressionnistes et la gueule pas possible des acteurs. L’appareillage, les effets spéciaux aussi sont divins avec toutes ces machines destinées à faire revivre les morts. Le coeur qui bat avec ces fils électriques. Sinon Colin -it’s alive ! it’s alive- Clive est insupportable -né à Saint-Malo en 1900 et mort en 1937- ("pneumonia, as a result of a long history of alcoholism" précise avec détail cruel l'imdb) et Elsa Lanchester malgré sa splendide gouffa pré-Cruella imitant la poule, pareil. La vieille qui gueule au début, pareil, qui fait de l'humour, Frankie aurait dû la dézinguer cette vieille et il l'épargne... Enfin, si, elle a bien une ligne de dialogue marrante "frappez pas si fort ! on n'est pas encore morts !" Cela vaut bien sans doute que l'on sauve cette histérique.
Sorti du cinéma, on était deux à voir le film, un gothique et moi, une femme en lingerie se fait photographier devant l’entrée. Ca doit être de la mode. Ils aiment bien prendre les chiottes d’anciens squats ou les vieux cinémas qui puent la sueur pour vendre leur tissus. Je pensais qu’il tournait un porno avant de prendre le billet avant la séance, vu la gueule de deux dames, dont l’une très vulgaire platine trave tournant autour. Il n’en était rien. Je me suis fait flasher. faisant très décor naturel couleur locale en arrière fond fuyant cette beauté à la peau légèrement dorée lumineuse dans l’ombre, avec mes tâches de sauce à la ricotta-ail-huile d’olive-tomate-etc. sur le tee-shirt qui couvre mon gros bide, ma basket trouée, ma barbe, mon panta-short et mon sac à dos porté sur une bride. Ils vont bien rigoler en voyant cette photo pensais-je penaud.
Station Odéon : une souris couine de bonheur dans la rigole salopée de déchets, kleenex, mégots tandis que Positive vibration résonne dans la galerie.
01:13 Publié dans 日記 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.07.2008
Brasier ardent
Retrouvé la pollution, le pollen, les bagnoles, les gens. La préfecture de police. Vu hier la fin du Père Serge de Protazanov, après un exil d’une semaine là où l’on voit les nuages. Le film est très beau. Mosjoukine se transforme, vieillit, se dessèche.

Bach Film a la bonne idée d’éditer des films russes et soviétiques. Découvert ça par Kinoglaz.fr., austère site à la slave, mais d’une richesse ! Souvent les copies Bach sont dégueulasses. C’est de la numérisation de vhs dirait-on. Pour 5,50 euros on leur pardonne leur bonus texte, biographie écrite en rouge illisible (La Fin de St Pétersbourg), puisqu’on peut, veut voir les films, du moins consulter une version... ("je n'aimerais pas voir un film pour la première fois en video", ah, toi, ta gueule)
Film très beau et passionnant bonus ici. Il s’agit d’un documentaire sur le susmentionné Mosjoukine star du muet, depuis sa venue de Russie jusqu’à sa mort, phtysique, au début du parlant à Neuilly, grâce et disgrâce d’un comédien, entretemps adulé en France, avec des passages aux Etats-Unis et en Allemagne. Les archives qu’il a laissées, -elles ont été heureusement rapatriées par sa belle sœur à Moscou-, sont exceptionnelles et bien mises en valeur et l’on apprend énormément sur lui, notamment sur son passage chez Albatros. Il a un musée dans sa ville natale. Et oh ! On voit, la magnifique affiche du Brasier Ardent, de qui, j’en sais absolument rien (grands affichistes chez Albatros d’ailleurs, Bilinsky, etc). Mène l’enquête.
Lu, parcouru plutôt lors de mon exil des vieux restes de la bibliothèque classe moyenne. Les merveilleuses bibles Passek du Centre Pompidou, et puis tombé par hasard sur le vieux Christian Oddos sur le cinéma fantastique. Il trouve nul L’Exorciste de Friedkin et Les Diaboliques de Clouzot – quel con - et juge souvent à l’emporte-pièce. En dehors de cela, ces vieilles feuilles jaunies donnent envie de voir des films. Ils passent des Whale en ce moment. Quant à Christian, il aurait quitté le Futuroscope et fait du consulting...
Ce que j’aime Browning. Les voir sur grand écran.
Paris a beau être putain de polluée, y’a plus ces putains de mouches.
Kumashiro est un grand réalisateur. Désirs humides, quel titre ! Les voir sur grand écran. A ajouter aussi à notre filmographie, cycle imaginaire sur la prostitution. Histoire du Japon racontée par des prostituées : La Berceuse de la grande terre, Derrière le rideau de Fusuma, Senso daughters, Yokohama Mary, Les Femmes de la nuit, Karayuki-san, Zegen,…
La ligne 4. Chaude, puante, crasseuse.
La température assomme. Les clébards chient dans les pelouses ; un mioche avec une cape bavoir écrase sa banane trop mûre ; une vieille fait bronzer ses varices ; un mec fume un joint, un autre jongle ; un mère de famille quadragénaire fait du vélo avec sa fille ; le manège est passé de Isaac Hayes aux valses de Strauss ; les salariés achètent des glaces ; les pompiers fument ; j’ai du pollen de platane plein le nez.
Et puis vu L'homme qui rit de Paul Leni dans ce cher et tendre Blockhaus Kulturel.
00:41 Publié dans 日記 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mosjoukine
13.07.2008
Hideko Suite




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07.07.2008
Rencontre avec Hideo Nakata
Bon ça date d'accord, recyclage encore. Cet entretien date de 2005. Feu Etrange Festival, feu aussi le reste. On y parle un peu de Konuma, Konuma dont on pourra voir bientôt Hana to Hebi, en salles.

Qu’avez-vous appris à la Nikkatsu en tant qu’assistant réalisateur ?
Pour les techniciens, j’ai une équipe qui me suit au Japon. A Hollywood, il y en a beaucoup avec qui j’aimerais travailler. Pour mon futur projet The Eye, si toutefois le studio est d’accord, on devrait avoir le précédent directeur de la photographie de Clint Eastwood, Jack Green.
Quelles sont vos influences artistiques et musicales ?
Le pire à Hollywood, c’est que je ne peux contrôler mon temps. Au Japon, une fois que je suis engagé pour un projet, je peux faire des prévisions, m’organiser. A Hollywood, les budgets sont énormes, en conséquence de quoi, vous ne pouvez rien dire, même si rien n’avance. C’est frustrant.
Qu’en est-il du projet The Entity ?
Je crois qu’on doit trouver un scénariste. C’est toujours en cours de développement…
The Eye ?
On attend le feu vert des studios et des acteurs. Le studio est sur le point de prendre une décision : savoir si on le fait ou pas.
Vous allez rentrer au Japon ?
Après The Eye, si cela se fait ou pas, je vais rentrer au Japon pour filmer une histoire traditionnelle de fantômes, dont on a écrit le scénario il y a deux ans. On a un excellent acteur de kabuki intéressé par le rôle.
Reviendrez vous à Hollywood ?
Idéalement, j’aimerais travailler dans les deux pays. Alors peut-être… si bien sûr je ne dois pas encore attendre trop longtemps.
Entretien réalisé à l’occasion de la Carte Blanche de L’Etrange Festival à Hideo Nakata, le 9 septembre 2005 à Paris.
19:03 Publié dans Entretiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


