10.02.2009

Dormir au cinéma

"Mon bateau est au milieu de l'Atlantique ou même du Pacifique. Je suis un déserteur - quelqu'un qui a envie de dormir, de marcher, de rêver... de pas bouger" Paul.

J'ai essayé de voir Dans la ville blanche de Tanner, l'autre fois. J'étais malade et, désolé Nuno, ai dormi. Réveillé, je suis parti comme si cela avait été un vulgaire navet pétainiste d'Abel Gance (blague privée). Après avoir fait du bruit avec mes sacs plastiques. Le bonheur pour les voisins.

Il y a des films, des cinéastes, des projections, comme ça, où l'on est presque sûr qu'on va dormir : certains Garrel, Tarkovski, Sokourov. Je dis pas que ce sont des films forcément déplaisants. Juste qu'ils sont très agréables pour se reposer, rêver parfois, les yeux fermés.

La séance la mieux pour cela à mon sens, c'est celle de 19h, 19h30, 20h00, le vendredi, après avoir été complètement abruti par le tripalium de la semaine.

09.02.2009

Questions du jour

Questions du jour entre désordre et incohérence, il devait y avoir quelque chose dans mon café :

1- Les films des Frères Larrieu sont-ils intéressants et drôles ?
2- Olivier Assayas est-il critique et/ou cinéaste ?
3- Aimez-vous Vincent Dieutre ?
4- Quels films des Straub voir (j'en ai peur) ?
5- Pourquoi qu'ils ne passent pas des films asiatiques dans le 5e, 6e, en dehors des Kurosawa ?
6- Pourquoi qu'ils ne passent pas des films d'action dans le 5e, 6e ?
7- Pourquoi beaucoup de films nuls sortent alors que plein, plein sont très bien et ne sortent jamais et pourquoi que les journalistes ne s'intéressent pas trop à ces derniers alors qu'ils font des papiers pourris sur le reste ?
8- Pourquoi ils aiment souvent les mêmes cinéastes, les mêmes films, et pourquoi peut-on être sûr qu'ils aimeront à coups sûrs certains films avant même qu'ils sortent ?
9- Pourquoi sortir les Kinoshita en dvd, y'a pas d'autres priorités ?
10- Ca intéresse encore quelqu'un le cinéma français, quels sont les films à voir maintenant ?

Merci de me (dé)conseiller des films, articles, livres.

03.02.2009

Rock'n'roll

Ca fait des mois qu'on sait qu'il vient et les personnes qui auraient pu organiser un concert n'ont rien foutu. Pourquoi, mystère. Réseau pourri.

Masaya Nakahara, musicien bruitiste (Violent Onsen Geisha, Hair Stylistics), écrivain (Prix des Deux Magots Japon - Et oui) et critique de cinéma, en plus, est là. A Paris. Il part samedi.


Il présentait ses livres et sa musique dans un café vendredi dernier. La traductrice était apparemment limite. Poverina.

En entendant les questions de Gester Julien (il n'avait pas pu lire les livres, ne parlant pas japonais, y'a qu'en France qu'on fait ça?), j'ai tout de suite pensé à la phrase de Bukowski.

An intellectual is a man who says a simple thing in a difficult way. An artist is a man who says a difficult thing in a simple way.


Et oui, je pense à des phrases. Là, je l'ai mise en anglais, ça fait plus classe.

Faut toujours qu'ils compliquent les choses, ces gens-là, qu'ils alambiquent. Pour presque rien. Car on prend rarement de la hauteur. Si une fois, je me suis dit qu'il allait y s'en sortir.

Le meilleur moment critique fut : "La semaine dernière j'étais à San Francisco." On aurait dit du Sergio, ça. La puissance critique se détermine au décalage horaire. Manquait plus que le nombre d'étages de l'hôtel. 1H30 de questions. J'ai bien cru que j'allais y passer. La délicieuse vinasse m'a divinement détendu. Je sais pas dessiner mais je me faisais tellement chier que j'ai griffonné. Un truc sur la critique de cinéma à la française. L'important c'est la pose des mains autour de la tête. Pour signifier à tout le monde que tu penses.

 

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Il vient des Inrocks. Le truc du rock'n'roll.
Le pola de Masaya que vous pouvez voir plus bas me fait penser à ce qu'on a, nous, en France de plus rock'n'roll et de critique de plus déviant., acerbe, intelligent. Serge Kaganski. Le mec connu pour sa charge sur Amélie (la prise de risque extrême) et dont le torchon encense des punks comme les Frères Larrieu. Ah, ah, c'est trop génial les Larrieu. Il devrait plutôt appliquer leur politique de merde putride des auteurs à quelqu'un comme Jeunet. A mon avis. Quand on voit sa filmo. Ca pourrait peut-être le sauver aussi des griffes de Tautou et le faire revenir à la raison.
Je vais pas mettre la photo du Serge parce qu'il est trop laid. Trop rauque & râle ! "En trois mouvements crescendo, les méandres de la vie d'un homme et d'une femme. Modeste et bouleversant." Morain, à propos de Un homme un vrai. Allez voir ce film. On en reparle.

Bon vous voyez les faits sont là quand même, regardez la gueule de Masaya... Faut pas juger à la tête. Mais là quand même.

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Quant à Julien G., j'ai appris qu'il a que 23 ans et il a un peu la gueule de Ian Curtis. Alors. C'est un des rares aussi à s'intéresser au cinéma japonais (il vient de Cinémasie le petit, il doit en avoir un peu honte là où il est arrivé maintenant, c'est comme les cinéastes japonais qui ont fait du cul qui passent à Cannes, on l'enlève de leur filmo, pas de pub, pas de cul, pas de télé, tout le monde doit être pur ici). Il est donc pardonné.

Enfin, In-rock, c'est peut-être "contraire au rock" que ça veut dire finalement. La couverture cette semaine. Ah oui. Brad Pitt.

De mon institutionnelle administration artistique qui rayonne sur le monde entier, je te souhaite bon courage mon petit avec tous les rockeurs des inrocks.

29.01.2009

La pluie au cinéma

J'aime bien les films où l'on voit la pluie, où elle a de vraies scènes. Je trouve que c'est très cinématographique. Les deux principaux auxquels je pense souvent sont les 7 samouraïs et The Host.

Quelqu'un pourrait m'en conseiller ?

26.01.2009

Du rififi chez les hommes

Vu Du Rififi chez les hommes (1954) cette nuit de Jules Dassin. Ca tabasse. Jean Servais aka Tony le Stéphanois. Déprimant. Tout tendu et tout triste. Il devait téter sévère. Ils ont des gueules pas impossibles mais presque. Marquées sans être trop excessives. Les acteurs forcent souvent le trait, l’époque. Les dialogues sont bien, sans être outranciés. Celle là elle a les plus beaux Robert de Paris ; comment-il va joe ? Il jubile, ; allez, rentre au garage, va jouer avec des gamins de ton âge, etc. Ca fuse. Et on peut ressortir son bien-aimé Dictionnaire d'argot. Et voir, d'où vient tout cela. Robert, par exemple, c'était une marque de biberon au XIXe. Il était sans doute indispensable de détruire  ce phrasé, ces tournures, ce vocabulaire à une époque mais ça manque quand même ce langage...

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Il y a un passage excellentissime. La scène du coffre. C’est sans parole. La musique : les bruits de la maison, la rue, le passage des flics. Les truands au travail, rien à dire, tout reste à faire dans la nuit. Les diamants, le braquage. C’est du scientifique. On dirait que Dassin donne un cours sur la façon de percer. Je n’ai pas chronométré mais c’est très long et très beau à voir. Les dialogues ferment leur gueule. Le cinéma est là. Cela m’a rappelé l’ouverture magnifique du Samouraï de Melville ou pareil, il n’y a rien à dire et rien à montrer. Juste à observer. La fin est démente, embouconnant la mort et la noirceur. L’ensemble est un mélange délicat entre l’école du dialogue française fifties, le film noir américain, et la vivacité que l’on retrouve dans les meilleurs Nouvelle Vague.

Il y a aussi des super caisses. Notamment : 1935 Citroën 11 Légère « Traction ». Ca me fait penser que La Blondette m’a fait découvrir un très bon site, IMDB pour voitures. L’IMCDB : http://www.imcdb.org/

Merci Dada pour ce film.

24.01.2009

Eiga baka

Des fois on se demande ce que l'on fait à retranscrire des itws à 5 heures du matin. Ou à deux heures. Pour que pouïc ou presque. On ne fait cela que pour soi finalement.
Ou récolter plein de choses. Des disques. Des photos. Des affiches.
Faire signer des gens. Les faire dessiner. Les interroger.
Les choses ne prennent pas forcément du sens sur place mais après. Certaines fois, des années après.
Ils nous renvoient vers des livres, d'autres films, vers d'autres sensations. Nous nourrissent. Nourriture. Cinéma. Tampopo. Je radote ;-)
Certains de leurs mots nous aident à vivre. On ne se rémunère pas pour cela. Parce que cela n'a aucun prix.

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.......

Perdus dans les zones industrielles.

Argenteuil en odorama. Des petits vieux, des vieux avant l'âge, des éternellement vieux sont là, hors du temps.
De ceux qu'on peut croiser à l'autre bout de l'europe, avec les mêmes espadrilles, les mêmes sacs plastiques. Dans un festival.
Qui s'inquiètent de ne pas pouvoir tout voir. Qui prennent des médicaments pour pouvoir tenir. Qui le soir vous parlent d'un film et reprennent le lendemain là où ils s'étaient arrêtés.
Qui traversent l'Europe pour une actrice. De porno des années 70. Pour quelques films.

Elégante manière de gâcher sa vie. Eiga baka.

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Salle des fêtes. Il y a Langlois en haut.
Le goût de la saucisse aux frites. C'est pas du Ozu. Mais ça y ressemble. Ce poulet n'est pas très bon, les frites sont pas bien cuites. Le café, non plus, pas bon. Les Italiens doivent rigoler.
Mais les gens sont gentils, simples. Ca rend la nourriture délicieuse, le contexte.
On se croirait en province. Ou à l'étranger. Loin des cinéastes de commission, des auteurs de réseau. Loin des institutions. Loin du faisandé. Du cocktail. Des faux sourires. Du vide. Des songe-creux.
Le cinéma sent la sueur ici. Et l'on se sent bien.
On s'aborde. On discute. Henri est là.
Son fantôme a dû foutre le camp à Argenteuil. Ou retourner à Cha(t)illot

Ils vendent, ce qu'ils ont volé, acheté, collectionné, jalousé, aimé, échangé. La plupart semble-t-il pour pouvoir se procurer d'autres choses, certainement pour faire de la place chez eux.
Ils sont tristes et beaux.

Impossible de décrocher de ces classeurs.

Elles sont mignonnes, ces belges. Et cette dame, si gentille.

Non Monicelli n'est pas mort. J'ai des preuves !
Ce mec vient des Cévennes vend des affiches italiennes écrit sur le cinéma situationniste.
L'affiche italienne d'Eros est vraiment réussie. Le dessinateur italien habite à Paris. Il a fait quelques affiches pour le cinéma.

A un vendeur de photos. Je demande par hasard.
Vous avez des actrices japonaises ? Oui. J'en ai une. Vintage. Qui cela peut-être ? J'ai peur que ce soit une de ces potiches.
Grands dieux : il me sort deux photos de Machiko Kyo à la MGM. J'apprends au passage qu'elle a joué aux côtés de Marlon Brando. Lotus Blossom. The Teahouse of the August Moon
Celui là, alors. Ses grands parents connaissaient Sessue Hayakawa. Ils s'invitaient mutuellement. Des amis.
Période Machiko. Après Hideko, -Machiko.
Par hasard. Après une photo d'elle de l'Etrange Obsession trouvée ailleurs. Au salon du vieux papier.

Voir un maximum de films d'elle. Quelle immense actrice.

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L'aviation.
Cinéphilie improbable donc hautement estimable.
Il a fait un livre avec des affiches sur ce thème. Chacun sa spécialité.
Les hôtesses de l'air.
Il doit voir absolument des films japonais que je n'ai pas encore vu. Sex Jack, film de Masao Adachi. Happy Flight de Shinobu Yaguchi.
J'aime beaucoup Yaguchi. Cinéma simple qui fonctionne et qui fait rire.
Faut que je vois ce film. Absolument.
Récupéré, merci Sô, un livre avec le storyboard et des images.
Un peu avant. Vu par hasard une affiche de Faria dont j'ai oublié le titre. Une avec Max Linder. Quel bonheur !
Pathé achète. Pathé fait du bon boulot pour son patrimoine. Ils devraient faire un livre sur lui.

Acheté des affiches. Belge, italienne. Ces tchèques, ces cubaines, ces polonaises, alors, superbes. Des chirashis.

Payer pour un chirashi. On est grave ! Mais très contents. Comme des gamins avec leurs vignettes Panini, merci.

20.01.2009

Clinique. 100%. Sans parfum.

En recevant cela l'autre matin. Réflexion suivante : "Voilà où en est le pays de Diderot"? Une couverture de journal sensé informer les gens. "Si pur, si simple. Le point de départ d'une très belle peau".

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Qu'est-ce qui le départ d'une très belle peau ?

- Le dernier week-end à la Maison Blanche ?
- Le remaniement ?
- La situation humanitaire à Gaza ?

Constat clinique, froid, sans appel.
Direct matin aurait été soumis à des tests d'allergie.
Il est 100% sans parfum.

Avec son bon sens habituel, B. me dit :
"C'est toujours mieux que la tête de George Bush"
On retrouve à l'intérieur effectivement ledit Président. La formule est bonne mais on peut en discuter.

Directmatin.jpg

"40 ans. On n'a pas vu passer le temps."

On ne voit toujours pas qu'on été généralisées, systématisées les habitudes de soumissions, d'abaissement, de simplification, de falsification.
Que le moindre début réflexion est tué dans l'oeuf et que la compréhension et l'intelligence du monde en France se nécrose, avec minutie. Et que cela prend de plus en plus l'ampleur.

Nous qui prenons le métro et lisons ces journaux en masse.
Lève le regard. Un monde meilleur t'attend sur la grande pancarte au dessus des rats et des ordures.
Reprends ton papier, tu auras droit, tu en as de la chance, si tu travailles bien et longtemps, à :

Une Alfa Roméo
Un Samsung à 1 euros
Une Citroën
Une Peugeot
Le Salon du cinéma
Une Fiat

Et peut-être à ta Clinique. 100%. Sans parfum. Quelle importance. Nous étions déjà morts. Incapables de ne plus rien sentir.

Tu m'étonnes que cela soit gratuit. On devra un jour leur faire payer très cher cette lourde responsabilité.

01.01.2009

Valse avec Ari

En voyant Gaza Strip (2002) de James Longley, il y a quelques semaines, j'ai pensé en voyant l'une de ses images à Valse avec Bachir (2008) de Ari Folman. Quelque chose de semblable dans le regard, une correspondance entre celui de Ari et celui de ce garçon.  D'un côté comme de l'autre, étrange danse dans le feu. Ce documentaire mériterait une sortie en France.

ValseavecArietMohamedcopie.jpg
Photo du haut :
Valse avec Bachir (2008) de Ari Folman

Photo du bas :
Gaza strip (2002) de James Longley

30.12.2008

Bande de Gaza

En suivant le body count sur Internet, en virtuel, comme les résultats des matchs de football. Bientôt, plus de sms, on pourra se les faire implanter, recevoir directement les informations dans les lobes. Pour les Gazas du passé, du présent et à venir : Dieu fait bien peu cas de ses enfants. Ou quelque chose dans le genre.

Un oiseau dans le désert
au haut d'une forteresse
Avait saisi dans ses serres
le crâne de Chosroès,
Et il demandait toujours
à ce morceau de squelette :
Où sont le chant des trompettes
et le fracas des tambours ?


Omar Khayyâm, Cent un quatrains de libre pensée, Gallimard, Connaissance de l'Orient, Série persane, p. 41

...

Buvons, etc.

 

23.12.2008

Politicailler

Retrouvé cela dans les vieux papiers...

"Politicailler, c'est s'enduire soi-même le fion de vaseline pour se faire empapaouter, c'est sauter à ripatons joints dans la récupération."
Jean-Pierre Bouyxou, Apologie du terrorisme burlesque.