26.01.2009

Du rififi chez les hommes

Vu Du Rififi chez les hommes (1954) cette nuit de Jules Dassin. Ca tabasse. Jean Servais aka Tony le Stéphanois. Déprimant. Tout tendu et tout triste. Il devait téter sévère. Ils ont des gueules pas impossibles mais presque. Marquées sans être trop excessives. Les acteurs forcent souvent le trait, l’époque. Les dialogues sont bien, sans être outranciés. Celle là elle a les plus beaux Robert de Paris ; comment-il va joe ? Il jubile, ; allez, rentre au garage, va jouer avec des gamins de ton âge, etc. Ca fuse. Et on peut ressortir son bien-aimé Dictionnaire d'argot. Et voir, d'où vient tout cela. Robert, par exemple, c'était une marque de biberon au XIXe. Il était sans doute indispensable de détruire  ce phrasé, ces tournures, ce vocabulaire à une époque mais ça manque quand même ce langage...

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Il y a un passage excellentissime. La scène du coffre. C’est sans parole. La musique : les bruits de la maison, la rue, le passage des flics. Les truands au travail, rien à dire, tout reste à faire dans la nuit. Les diamants, le braquage. C’est du scientifique. On dirait que Dassin donne un cours sur la façon de percer. Je n’ai pas chronométré mais c’est très long et très beau à voir. Les dialogues ferment leur gueule. Le cinéma est là. Cela m’a rappelé l’ouverture magnifique du Samouraï de Melville ou pareil, il n’y a rien à dire et rien à montrer. Juste à observer. La fin est démente, embouconnant la mort et la noirceur. L’ensemble est un mélange délicat entre l’école du dialogue française fifties, le film noir américain, et la vivacité que l’on retrouve dans les meilleurs Nouvelle Vague.

Il y a aussi des super caisses. Notamment : 1935 Citroën 11 Légère « Traction ». Ca me fait penser que La Blondette m’a fait découvrir un très bon site, IMDB pour voitures. L’IMCDB : http://www.imcdb.org/

Merci Dada pour ce film.

24.01.2009

Eiga baka

Des fois on se demande ce que l'on fait à retranscrire des itws à 5 heures du matin. Ou à deux heures. Pour que pouïc ou presque. On ne fait cela que pour soi finalement.
Ou récolter plein de choses. Des disques. Des photos. Des affiches.
Faire signer des gens. Les faire dessiner. Les interroger.
Les choses ne prennent pas forcément du sens sur place mais après. Certaines fois, des années après.
Ils nous renvoient vers des livres, d'autres films, vers d'autres sensations. Nous nourrissent. Nourriture. Cinéma. Tampopo. Je radote ;-)
Certains de leurs mots nous aident à vivre. On ne se rémunère pas pour cela. Parce que cela n'a aucun prix.

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.......

Perdus dans les zones industrielles.

Argenteuil en odorama. Des petits vieux, des vieux avant l'âge, des éternellement vieux sont là, hors du temps.
De ceux qu'on peut croiser à l'autre bout de l'europe, avec les mêmes espadrilles, les mêmes sacs plastiques. Dans un festival.
Qui s'inquiètent de ne pas pouvoir tout voir. Qui prennent des médicaments pour pouvoir tenir. Qui le soir vous parlent d'un film et reprennent le lendemain là où ils s'étaient arrêtés.
Qui traversent l'Europe pour une actrice. De porno des années 70. Pour quelques films.

Elégante manière de gâcher sa vie. Eiga baka.

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Salle des fêtes. Il y a Langlois en haut.
Le goût de la saucisse aux frites. C'est pas du Ozu. Mais ça y ressemble. Ce poulet n'est pas très bon, les frites sont pas bien cuites. Le café, non plus, pas bon. Les Italiens doivent rigoler.
Mais les gens sont gentils, simples. Ca rend la nourriture délicieuse, le contexte.
On se croirait en province. Ou à l'étranger. Loin des cinéastes de commission, des auteurs de réseau. Loin des institutions. Loin du faisandé. Du cocktail. Des faux sourires. Du vide. Des songe-creux.
Le cinéma sent la sueur ici. Et l'on se sent bien.
On s'aborde. On discute. Henri est là.
Son fantôme a dû foutre le camp à Argenteuil. Ou retourner à Cha(t)illot

Ils vendent, ce qu'ils ont volé, acheté, collectionné, jalousé, aimé, échangé. La plupart semble-t-il pour pouvoir se procurer d'autres choses, certainement pour faire de la place chez eux.
Ils sont tristes et beaux.

Impossible de décrocher de ces classeurs.

Elles sont mignonnes, ces belges. Et cette dame, si gentille.

Non Monicelli n'est pas mort. J'ai des preuves !
Ce mec vient des Cévennes vend des affiches italiennes écrit sur le cinéma situationniste.
L'affiche italienne d'Eros est vraiment réussie. Le dessinateur italien habite à Paris. Il a fait quelques affiches pour le cinéma.

A un vendeur de photos. Je demande par hasard.
Vous avez des actrices japonaises ? Oui. J'en ai une. Vintage. Qui cela peut-être ? J'ai peur que ce soit une de ces potiches.
Grands dieux : il me sort deux photos de Machiko Kyo à la MGM. J'apprends au passage qu'elle a joué aux côtés de Marlon Brando. Lotus Blossom. The Teahouse of the August Moon
Celui là, alors. Ses grands parents connaissaient Sessue Hayakawa. Ils s'invitaient mutuellement. Des amis.
Période Machiko. Après Hideko, -Machiko.
Par hasard. Après une photo d'elle de l'Etrange Obsession trouvée ailleurs. Au salon du vieux papier.

Voir un maximum de films d'elle. Quelle immense actrice.

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L'aviation.
Cinéphilie improbable donc hautement estimable.
Il a fait un livre avec des affiches sur ce thème. Chacun sa spécialité.
Les hôtesses de l'air.
Il doit voir absolument des films japonais que je n'ai pas encore vu. Sex Jack, film de Masao Adachi. Happy Flight de Shinobu Yaguchi.
J'aime beaucoup Yaguchi. Cinéma simple qui fonctionne et qui fait rire.
Faut que je vois ce film. Absolument.
Récupéré, merci Sô, un livre avec le storyboard et des images.
Un peu avant. Vu par hasard une affiche de Faria dont j'ai oublié le titre. Une avec Max Linder. Quel bonheur !
Pathé achète. Pathé fait du bon boulot pour son patrimoine. Ils devraient faire un livre sur lui.

Acheté des affiches. Belge, italienne. Ces tchèques, ces cubaines, ces polonaises, alors, superbes. Des chirashis.

Payer pour un chirashi. On est grave ! Mais très contents. Comme des gamins avec leurs vignettes Panini, merci.