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26.07.2007
Salary day
"Salary day : aussi réjouissant que si c'était le jour de mes règles". Yasujiro Ozu, Mercredi 28 août 1935, Carnets p. 126
07:30 Publié dans Citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma japonais, Yasujiro Ozu, Carnets
22.07.2007
Swing girls (2004) de Shinobu Yaguchi
Swing Girls, c'est une histoire qui débute mal. Les malchanceux tentent de rattraper leur retard par des cours de soutien. La chaleur et l'humidité de l'été japonais abrutissent tout le monde. La fanfare du lycée part pour le stade de base-ball. Mais, avant de prendre le car, elle oublie son repas. Le traiteur arrive trop tard. Les laisser pour compte, les filles notamment étudiant jusqu'alors, décident de leur porter secours et prennent le train. En route, elles rêvassent et en oublie l'arrêt. Quelques heures plus tard, les voici au stade apportant les précieuses ressources aux supporters. Les voilà tous empoisonnés, la bouffe a tourné, mais l'équipe a gagné. Fautives, les lycéennes se sentent mal à l'aise et décident de remplacer cette fanfare chevronnée mais indisponible, par une autre plus improvisée.



Titre original : スウィングガールズ
12:10 Publié dans Articles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma japonais, Swing Girls, スウィングガールズ, Shinobu Yaguchi, 矢口史靖
19.07.2007
Après Ozu, Mizo, et puis surtout Yasuzo
Après Ozu, Mizo... Les années 40. Loupé la (res)sortie en salle l'année dernière de ces films, et redécouvert notamment le terrible Les Femmes de la nuit. Et Flamme de mon amour. Le tout en dvd. Beau coffret et bons bonus. Que ce soit dans l'un ou l'autre, certains passages m'ont vraiment beaucoup fait penser à certaines séquences de Masumura (femmes violentées, femmes courageuses, femmes merveilleuses)... Pour les Femmes de la nuit, en plus de Masumura, ça fait penser cinéphiliquement à ce qui se fera dans les années 60 et à Suzuki en couleur qui évoque le marché noir et le proxénétisme. Aussi, à Fukasaku, de façon un peu plus "baroque", réalisme surmonté, survolté dans les 70's. Starring les yakuzas...

Concernant Yasuzo (d'ailleurs assistant de Mizo) : impatient, vraiment, de découvrir la rétro à la Ciném'. Va-t-on avoir droit à tout ce qui nous est annoncé dans les couloirs ? En tout cas, deux films déjà me font rêver sur grand écran. Black test car et Géants et jouets (Tous deux sortis en dvd aux states), qui sont des assauts terribles contre le capitalisme, et ce, réalisé dans le carcan d'un studio. Masumura est un des seuls à avoir analyser avec autant de finesse les rivalités et les dégâts que peuvent engendrer la concurrence guerrière des entreprises. Et tous ces inédits. Et puis il y a aussi à venir l'Etrange Festival et des surprises de la Maison du Japon. Dur, très dur d'attendre la rentrée, avec autant de bonnes nouvelles concernant la GRANDE HISTOIRE DU GRAND CINEMA JAPONAIS.
11:45 Publié dans 日記 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma japonais, Kenji Mizoguchi, Yasuzo Masumura
15.07.2007
Les carnets d'Ozu
"Avec la fatigue accumulée tous ces derniers jours, je mesure tout ce qu'a d'écrasant la tâche du réalisateur. (Ah, si j'avais de l'argent, j'arrêterai sans hésiter! Je vous jure!)" Ozu, Carnets, p.118
Positif, m'a signalé l'ami J.D. a publié un numéro très original, des plus originaux, très, très prise de risque, attention, attention... sur : Naruse, Ozu et Mizoguchi ! Je crois que l'autre réalisateur célébré ce mois-ci en couverture, c'est John Ford. Super. Et puis ç'aurait pu être encore pire, égaux à eux-mêmes, ils auraient pu faire un spécial...Kurosawa, le Japonais maison. On n'apprend évidemment pas grand chose à la lecture de ce dossier anodin. Bien sûr, je ne devrais pas, mais j'irai quand même l'acheter au moins pour les photos qui sont belles (ils se sont améliorés notamment sur la couverture)

Tout cela me rappelle ce que je lis en ce moment : à savoir Les Carnets de Ozu qui sont, il faut bien le dire, de vraies petites merveilles. Comment Alive (distributeur de films japonais regretté) a-t-il pu éditer ce bouquin ? Question ! Grande entreprise vouée comme toute celle de ce type, à la longue, à force de faire du bon boulot, à un pas beau du tout dépôt de bilan...
Tout simplement, dans ses carnets, Ozu (小津 安二郎) racontait à travers de courtes notations ce qu'il faisait dans la journée, depuis les années 30, 33 plus précisément, jusqu'à sa mort, 1963. En dehors de la vie, somme toute assez monotone de réalisateur, c'est aussi l'ambiance du Japon et l'environnement des studios de la Shochiku de l'époque qu'on retrouve, un vrai délice pour les amateurs de cinéma. Monotone n'est pas ennuyeux. Et c'est terriblement amusant de voir quels étaient les films qu'il aimait, les plats qu'il chérissait, quels furent ses amis, et quel type d'existence mena cet homme sympathique, qui coup de vieux aidant nous devient de plus en plus attachant.
Yasujirô Ozu, Carnets 1933-1963, éditions Alive, 1996.
23:20 Publié dans 日記 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma japonais, Ozu, Carnets, Alive
08.07.2007
Le Jardin secret (1997) de Shinobu Yaguchi
J'aime beaucoup ce réalisateur et ses films (Waterboys, Swing girls,...) divertissants, émouvants, bien réalisés, et souvent très drôles. Et oui, des comédies. Encore une de celles auxquelles on passe à côté. Heureusement que le support dvd est arrivé pour réparer ces petites "injustices"...
Shinobu Yaguchi continue sur la lancée de sa première comédie déjantée Down the Drain (1993) avec Le Jardin secret (1997), odyssée burlesque d'une jeune Japonaise à la recherche d'un magot.

Compter l'argent, telle est la passion de Sakiko (Naomi Nishida) depuis sa tendre enfance. Elle est donc engagée comme banquière pour son grand plaisir. Elle rêve aussi d'aventures. La voilà prise en otage, embarquée dans une voiture. La voiture ramasse, explose, Sakiko se retrouve dans la rivière. Son entourage vient la voir à l'hôpital, les medias suivent son rétablissement pendant quelques temps. Puis tout revient à la normale. Elle a perdu son enthousiasme et sa vocation de banquière. Jusqu'au jour où elle retrouve un but dans l'existence. Un reportage sur l'affaire qu'elle a vécue l'a met sur la piste. Elle ne va plus faire glisser les billets sous ses doigts derrière un guichet, mais partir à la recherche d'une valise jaune qui a coulée avec elle.
Shinobu Yaguchi mise toujours autant sur l'invraisemblance de la réalité en dépassant allègrement les limites. Il déploie toute sa palette comique multipliant les rebondissements saugrenus, la peinture vive des petits détails du quotidien d'une famille japonaise et surtout de la jeunesse. La mère se préoccupe du bento, le père fait semblant de dormir pour ne pas conduire, Sakiko et sa soeur se chamaillent pour voir chacune leur programme télévisé. Reprenant des études de géologie afin de retrouver le terrain où a disparu la valise, on voit l'état de l'université de Sakiko en province. Les bancs sont déserts. Les rares courageux dorment, tandis que le prof, pas trop sévère, mange son goûter.
Les qualités indéniables de mise en scène contrastent de l'ennui du commun des films s'intéressant à la jeunesse. La Japonaise dans toute sa splendeur, allant au-delà des clichés, déterminée, entêtée et ruinant tout les efforts familiaux pour en faire une jeune fille comme il faut avec un travail stable, une vie posée. A cet instant, il faut rendre hommage à l'actrice Naomi Nishida qui endosse le rôle, efficace à la fois dans la persévérance et dans les aspects cocasses de son personnage. Elle travaille dans toutes les disciplines à la fois dans les études et dans le sport pour une seule chose, idée peu correcte : le pognon ! Les éléments perturbateurs sont nombreux entre la jalousie d'une rivale et le sort qui s'acharne sur elle.
On retrouve ce que Yaguchi affectionne, montrer la positive attitude, la détermination malgré toutes les embûches, la persévérance et l'effort continu. Yaguchi joue autour d'une idée, du gag de la chute, qui revient sans cesse. Le comique de répétition fonctionne de pair avec la surprise. Il a un véritable savoir-faire pour amener certaines situations à dégénérer, sortir le récit des temps morts et de la monotonie qui guettent certains passages. Au final, il est aussi amusant de voir Yaguchi progresser, canaliser l'énergie débordante de son premier long-métrage et développer, au fil des films, des thématiques très personnelles, qui mériteraient d'être plus largement découvertes et qui nous changerait, un peu, des effusions sanglantes et de la pure contemplation.
Le dvd est disponible en édition coréenne, langue japonaise sous-titrée en coréen et en anglais.
Titre original : ひみつの花園 (Himitsu no hanazono) de Shinobu Yaguchi (矢口史靖)
14:55 Publié dans Articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma japonais, Shinobu Yaguchi, Le Jardin secret, Himitsu no hanazono, ひみつの花園, 矢口史靖
07.07.2007
ラ・デリシューズ
僕は女子高生みたいです。ラ・デリシューズを食べました。中には生クリーム、ココナッツ、シャーベット、...。
La Brasserie du Printemps の クーポールは とても綺麗でした.

12:10 Publié dans 日記 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.07.2007
Mont-blanc
"Sous quelques rapports qu'on envisage la gourmandise, elle ne mérite qu'éloge et encouragement." Brillat-Savarin
B.、 A. と一緒 にドイツのレストランに行きました。
店の名前は: Le Stubli。
わたしは Mont-blanc を 食べました。コーヒーを飲みました。
美味しかった !

12:00 Publié dans 日記 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Mont-blanc
03.07.2007
Tombeau du soleil (1960) de Nagisa Oshima
Grâces soient rendues au distributeur Carlotta de ressortir l’Enterrement du soleil (ou Tombeau du soleil, 1960) en salles, absent des écrans français depuis vingt ans (il était sorti en 1986 ici, soit 26 ans après sa sortie japonaise). Accompagné, de surcroît, de deux autres films brillants du réalisateur Nagisa Oshima à ses débuts : Une ville d’amour et d’espoir (1959, inédit !) et Contes cruels de la jeunesse (1960).

Nous sommes au début des années 60, Oshima fait déjà preuve d’une liberté et d’une férocité hors du commun. La Shochiku a promu depuis peu cet assistant en réalisateur souhaitant rénover sa façade poussiéreuse, faire à son tour des films plus dynamiques, davantage tournés vers un public jeune. Si Une ville d’amour et d’espoir laisse déjà entendre les prémisses de la fureur, cette fureur demeure encore feutrée, dévoilant néanmoins quelques unes de ses préoccupations, doublée d’une lucidité certaine à l’égard des basses couches de la société. Son deuxième film, Contes cruels de la jeunesse, poursuit dans la veine du cinéaste, tout en s’épanouissant davantage, non pas dans la déchéance de l’amitié, comme c’était le cas pour le précédent, mais dans celle plus douloureuse de l’amour, corrompu par l’argent.
L’Enterrement du soleil monte davantage en puissance, pierre lancée au visage de la société japonaise alors en pleine reconstruction. Sur la route du progrès, elle oublie d’avouer ses zones d’ombres. Au cinéma, l’humanisme prime lorsque des réalisateurs s’y attelle, les Bas-fonds de Kurosawa. Comme s’il fallait nier la part exécrable, la cruauté intrinsèque, logique prolongement de la misère. L’avancée d’Oshima est indéniable, il se focalise sur un quartier précis, existant, dont il témoigne des difficultés et de la laideur, avec une conscience sociale remarquable, sans tomber toutefois dans la naïveté stérile du militantisme.
Kamagasaki fournit le décor au récit. Quartier pauvre d’Osaka, il est encore connu aujourd’hui pour abriter les journaliers, ces hommes qui louent leur bras et exécutent les travaux les plus pénibles. C’est aussi à l’évidence le symbole adéquat, pour stigmatiser les travers de la société japonaise dans son ensemble. Toutes ces maladies, Oshima les mélangent allègrement dans son récit. Il tire sur tout le monde, tous sexes, toutes générations, toutes couches sociales confondus. Les femmes sont des putes, les hommes des macs, les jeunes crèvent dans des bagarres, les vieux se suicident. Le tout imbibé d’alcool.
Prenons les yakusas, ordinairement considérés comme des chevaliers dans les films de l’époque, ils ne sont que de vulgaires brutes, qui maltraitent femmes et subalternes. Ce genre de remise en cause des valeurs admirées par les hommes de l’époque est d’une modernité impressionnante. Il faudra attendre une dizaine d’années, pour en voir les prolongements dans les <i>jitsuroku</i> dégénérés de Kinji Fukasaku. Quand aux femmes, l’héroïne vend sa chair la nuit. Le jour, elle achète du sang aux pauvres et aux ouvriers qui veulent se faire de l’argent. Il n’est jamais question de sentiments humains chez Oshima, davantage d’instinct bestial, de lutte à mort pour la survie.
Ajouté à ce triste état de fait, les vieilles générations ne cessent de ressasser leurs prétendus faits d’armes et entretiennent une structure sociale faisandée, admirative d’un passé sans gloire. Personne n’est innocent chez Oshima, il ne ménage personne. Si, peut-être, les enfants, on n’en voit pas. Et les attardés mentaux, dont un des personnages, campé par le géant, est la seule figure attendrissante, presque innocente du film. La musique apporte, quand à elle, un contrepoint intéressant, une sorte de blues, adoucissant les images, entre la partie jouée à la guitare et les morceaux chantés teintés de nostalgie.
Les jeunes, cette jeunesse endormie, prétendument rebelle dans les taiyozoku, fleurissant jusqu’alors, il la secoue vigoureusement. Il en détruit définitivement toute l’imagerie. Le film aurait pu s’appeler Taiyozoku no hakaba. Un clin d’œil d’une violence rare souligne le mépris qu’il éprouve pour ce genre d’histoire. Deux étudiants s’embrassent tendrement couchés dans l’herbe : des voyous les séparent et violent la jeune fille. Ils lui fourrent de l’herbe dans la bouche. Comme s’il voulait en finir avec ces images trop souvent remâchées à longueur de métrages, endormant les générations à trop vouloir les faire rêver, tapant du poing sur la table, signifiant qu’il est temps de passer à autre chose. Aussi en propose-t-il d’autres, justes et virtuoses, fruits d’un diagnostique amer mais lucide. Si Oshima enterre le soleil, c’est pour mieux déterrer la hache de la guerre politique et cinématographique qu’il entend mener.
Titre original : 太陽の墓場 (Taiyo no hakaba)
22:05 Publié dans Articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma japonais, Tombeau du soleil, Enterrement du soleil, Nagisa Oshima, Taiyozoku


